INFO FRANCE 3. Les familles de trois adolescents morts en 2015 dans une explosion à Bas-en-Basset portent plainte contre X pour rouvrir l'enquête

Les victimes avaient succombé à une explosion de produit TATP dans une maison abandonnée. L'affaire avait été classée sans suite par la justice, mais les proches dénoncent une enquête bâclée.

Trois adolescents sont morts dans l\'explosion d\'une maison abandonnée de Bas-en-Basset (Haute-Loire), le 13 juin 2015.
Trois adolescents sont morts dans l'explosion d'une maison abandonnée de Bas-en-Basset (Haute-Loire), le 13 juin 2015. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Il y a près de quatre ans, le 13 juin 2015, trois adolescents trouvaient la mort dans l'explosion de TATP dans une maison abandonnée de Bas-en-Basset (Haute-Loire). Les familles n'entendent pas abandonner le combat judiciaire et ont déposé plainte contre X avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction du Puy-en-Velay (Haute-Loire), a appris France 3, jeudi 18 avril

Pour les enquêteurs, ces collégiens, qui n'étaient pas radicalisés, ont simplement voulu jouer aux apprentis chimistes. L'affaire avait été classée sans suite par la justice, le 5 février 2018, mais les familles estiment que toutes les zones d'ombre n'ont pas été explorées.

"L'enquête apparaît lacunaire puisque l'origine des produits (acétone, acide chlorhydrique) n'a pu être tracée, soulignent notamment ces proches, par l'intermédiaire de leur nouvel avocat Gilles-Jean Portejoie. Ils ajoutent que "l'absence de consultation de sites internet sur la fabrication d'explosifs [par les adolescents] apparaît hautement contradictoire avec l'hypothèse retenue par le parquet".

Les familles s'interrogent sur l'origine de l'explosif

Des bouteilles d'acétone et d'acide chlorhydrique, mais aussi du peroxyde d'hydrogène, – de quoi fabriquer 250 à 800 g de TATP – avaient été découvertes dans la maison après le drame. Les familles réclament aujourd'hui des investigations plus poussées sur cet explosif "souvent fabriqué et utilisé par des terroristes". Agé de 15 ans au moment des faits, Robin, seul survivant du drame, a lui toujours affirmé face à la justice que le produit explosif avait été trouvé sur place, sous forme d'un sachet abandonné contenant de la poudre bleue. Contacté une nouvelle fois, il maintient ses déclarations.

Les parents de Bastien, Tristan et Maxime souhaitent désormais "que toutes les pistes soient explorées et chaque porte valablement refermée, afin de pouvoir envisager sereinement de faire le deuil de leurs enfants".