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Les accusés du 11-Septembre tentent d'éviter la peine de mort

Une nouvelle série d'audiences préliminaires concernant les attentats du 11-Septembre s'est ouverte à la base américaine de Guantanamo. La défense des accusés repose sur un point : réussir à annuler la peine de mort après les abus de torture subis pendant leur détention, et qui sont interdits par la Convention de l'ONU. 
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Radio France
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 (Reuters)

C'est une nouvelle série d'audiences préliminaires qui s'est ouverte mardi à Guantanamo, près de cinq ans après la première. Entre temps, deux procédures se sont déroulées devant la justice militaire. Une première, interrompue par l'élection de Barack Obama, et une seconde, en mai 2012. 

C'est lors de cette dernière que le ministère de la Défense avait approuvé les chefs d'inculpation retenus par les procureurs militaires américains contre les cinq "responsables" des attentats du 11-Septembre. Et comme prévu, l'accusation avait annoncé qu'elle réclamerait la peine de mort lors du procès devant un tribunal militaire d'exception, qui devrait se dérouler fin 2014.

Les accusés ont été torturés

Mais dans le même temps, la défense des accusés tente d'organiser son argumentaire. Et depuis mardi, on sait que celui-ci va se fonder sur un texte précis : la Convention de l'ONU contre la torture. L'objectif des avocats est de faire abandonner la peine de mort, en mettant en avant la torture subie par les accusés pendant leur détention.

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La CIA a bien voulu en reconnaître certains points. Khalid Sheikh Mohamed, considéré comme le cerveau de l'attentat du 11-Septembre, aurait ainsi subi 183 simulations de noyade en Pologne puis en Roumanie où il est resté jusqu'en 2006. C'est là que les agents l'ont "cassé" psychologiquement pour le faire parler. C'est également là qu'ils ont entrepris ensuite de le retaper pour le garder sain d'esprit, dans la perspective d'un futur procès. 

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Ils accusent la CIA d'avoir violé la Convention

"Vous avez le pouvoir d'abandonner la peine de mort ou d'abandonner les chefs d'accusation en raison de tous les obstacles auxquels nous sommes confrontés dans cette affaire ", a ainsi plaidé l'avocat Walter Ruiz, devant le juge militaire. Les obstacles dont il parle ? Les avocats ont estimé qu'une décision du juge protégeant du sceau du secret leur détention dans les prisons de la CIA "violait la Convention contre la torture ".

"Vous ne pouvez pas bâillonner quelqu'un, l'empêcher de parler de ses tortures et vouloir le tuer ensuite ", a argué l'avocate Cheryl Bormann, estimant se heurter sans cesse "à un mur en raison de la classification " de tout ce qui concerne leur détention "illégale ". En effet, le tribunal a refusé d'aborder le sujet de la torture, puisqu'il s'agit d'informations classées secret-défense. 

Le gouvernement américain a indiqué qu'il s'opposerait à ces témoignages, invitant les accusés à porter plainte devant un tribunal fédéral, si besoin. Pour les avocats, si leurs arguments devraient avoir du mal à aboutir, ce sera avant tout un test pour les tribunaux militaires d'exception déjà "regardés avec suspicion à travers le monde "

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