Pourquoi le maire de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, est en garde à vue

L'élu UMP est au cœur d'une enquête sur une tentative d'homicide, qui pourrait être liée à des soupçons de fraudes électorales.

Jean-Pierre Bechter, alors candidat UMP à la mairie de Corbeil-Essonnes (Essonne), se promène sur le marché de la ville, le 28 novembre 2010.
Jean-Pierre Bechter, alors candidat UMP à la mairie de Corbeil-Essonnes (Essonne), se promène sur le marché de la ville, le 28 novembre 2010. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Le bras droit de Serge Dassault est en garde à vue. Le maire UMP de Corbeil-Essonnes (Essonne), Jean-Pierre Bechter, est entendu, mercredi 26 juin, dans le cadre de l'enquête sur l'une des deux tentatives d'homicide volontaire survenue dans sa ville début 2013. Tentative qui pourrait être liée à des soupçons de fraudes électorales. Il est interrogé dans les locaux de la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles (Yvelines), avec le directeur du service jeunesse de la mairie.

A quelles affaires est mêlé Jean-Pierre Bechter ?

Le placement de l'élu en garde à vue intervient au lendemain de deux perquisitions à la mairie de Corbeil-Essonnes. Ces investigations ont été menées par deux services de police différents, pour deux affaires distinctes.

La première affaire. L'une des perquisitions concernait des soupçons d'achat de votes, corruption, blanchiment et abus de biens sociaux lors des campagnes municipales de 2008 à 2010. Les élections ont d'abord été remportées par le sénateur Serge Dassault, puis par son bras droit Jean-Pierre Bechter. Des faits pour lesquels une information judiciaire a été ouverte fin mars à Paris. Cette perquisition était menée par les agents de la Division nationale d'investigations financières et fiscales (Dniff).

La deuxième affaire. L'autre perquisition concernait deux tentatives d'homicide, perpétrées à Corbeil-Essonnes, le 29 janvier et le 19 février. Elle était menée par les policiers de la brigade criminelle de la DRPJ de Versailles, qui travaillent sous l'autorité d'une juge d'instruction d'Evry. "Le 19 février en pleine journée, Fatah, un boxeur professionnel de 32 ans, reçoit plusieurs balles de calibre 38 dans une rue commerçante. Le suspect numéro un, Younès B., un proche de Serge Dassault à l'époque où l'industriel était maire (1995-2009), est depuis en cavale", explique Le Parisien.fr. Pour cette tentative d'homicide, la police judiciaire étudie la piste politique.

Y a-t-il un lien entre les deux affaires ?

Cette perquisition conjointe "n'implique pas en l'état qu'un financement illicite de campagne, fût-il établi, ait un rapport avec ces deux tentatives d'homicide", avait prévenu mardi soir une source proche de l'enquête. Celle-ci évoquait avant tout "un souci d'efficacité".

Toutefois, la victime de la deuxième tentative d'homicide, Rachid Toumi, affirme que ces règlements de compte sont la conséquence d'un système présumé d'achat de votes, mis en place par Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter. "Corbeil, c'est devenu un système mafieux. L'argent de Dassault a tout pourri", avait-il lâché, le visage caché, dans une vidéo.

Interrogé le 24 janvier par Le Monde, Jean-Pierre Bechter avait balayé les accusations : "J'en ai rien à foutre, l'argent de M. Dassault, ça fait trente ans qu'on en parle à Corbeil..."