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La ministre Yamina Benguigui dément toute "fraude"

Epinglée dans la presse sur sa déclaration de patrimoine, la ministre de la Francophonie, élue dimanche à Paris, voit son dossier ressurgir. Il est transmis au parquet de Paris après des "doutes sérieux" émis par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. L'intéressée pressée de démissionnner dément. 
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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 (Maxppp)

Un lendemain qui déchante pour Yamina Benguigui. La ministre
de la Francophonie a été élue dimanche dans le 10e arrondissement
de Paris, sur la liste socialiste. Avant le premier tour, l'hebdomadaire
Marianne avait évoqué "une omission" à 430.000 euros sur sa déclaration de
patrimoine de 2013. Le Canard Enchaîné avait ensuite enfoncé le clou. La ministre, qui avait démenti, doit faire face aujourd'hui au
gendarme de la transparence de la vie publique.

Des déclarations fiscales douteuses 

Depuis avril 2013, les plus hauts responsables publics et
notamment les parlementaires et les ministres doivent déclarer au centime près tout ce qu'ils possèdent. La ministre de la
Francophonie aurait passé sous silence les parts qu'elle possède depuis 2005 dans une société belge, G2.
Selon Marianne , la vente en janvier 2014
lui aurait rapporté virtuellement ou pas, 430.000 euros. La version du Canard Enchaîné est
divergente, l'hebdomaire évoque une cession pour un euro, avec un droit de
retour automatique, après un départ du gouvernement. Quelle que soit la
formule, le montage en soi n'aurait d'illégal, en revanche la non-déclaration
des actions serait problématique.

Une mise au point légère avant le premier tour 

Yamina Benguigui a plaidé la bonne foi pour sa déclaration de l'an passé et un
aller-retour de vente compliquée entre février 2013 et janvier 2014. La
ministre assure qu'elle n'a rien rien perçu de la cession de ses parts, la société G2 n'étant pas en situation de lui verser
quoique soit.

Cette
histoire d'actions a été évoquée à plusieurs reprises pendant la campagne des
municipales. Il n'empêche que Yamina Benguigui a été élue dimanche. Avant le premier tour, Rémy Féraud, le directeur de campagne d'Anne
Hidalgo avait prévenu :

"Si ces accusations se vérifient, nous ne transigerons pas
sur les questions
de morale publique."

Rémy Féraud avait alors parlé "d'éléments de réponse" envoyés par la ministre-candidate. Ce lundi après-midi, l'entourage d'Anne Hidalgo, la maire de Paris, a franchi un pas supplémentaire en demandant la démission de Yamina Benguigui. Il semble que ces éclaicissements n'aient pas
convaincu la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Elle a
épluché les déclarations de 2012 à 2014 dont elle met en doute "l'exhaustivité,
l'exactitude et la sincérité"
. Des doutes suffisamment "sérieux" pour transmettre le dossier au parquet de Paris.

Lundi en fin d'après-midi, par la voix de son avocate, Yamina Benguigui a démenti toute "enrichissement personnel". "le patrimoine de Madame Benguigui est parfaitement connu et régulièrement déclaré" a précisé son avocate Me Martine Malinbaum. Si la culpabilité de la ministre de la Francophonie est prouvée, sur le plan pénal, les
"manquements"  sont susceptibles d'être punis de trois ans de prison,
45.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité.

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