Cet article date de plus de neuf ans.

La mère de Typhaine : "Je me rends compte de la monstruosité de mes actes"

Lors de la première journée du procès de la mère de Typhaine, la jeune femme a tenté d'expliquer son acte. Devant la cour d'assises du Nord, Anne-Sophie Faucheur, 26 ans, accusée d'avoir maltraité et tué sa fille de cinq ans, avoue avoir été dure, mais "n'a pas voulu donner volontairement la mort".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (Maxppp)

"Manipulatrice "
et femme au "fort caractère ". Trois mots pour décrire la personnalité d'Anne-Sophie
Faucheur ce lundi devant les jurés de la cour d'assises du Nord. La jeune
femme est jugée avec son ex-compagnon pour le meurtre de sa fille, Typhaine. La
petite fille de cinq ans est morte en 2009 suite à des actes de maltraitances
.
Sa mère avait fait croire à une disparition
pendant six mois
avant d'avouer. 

Lundi matin, Anne-Sophie
Faucheur, 26 ans, est arrivée au tribunal entièrement vêtue de noir. Elle a d'abord
raconté à quel point les relations avec sa fille ont été difficiles dès sa naissance. "C'est difficile dès la maternité, je la rejette un peu ",
raconte-t-elle. En 2005, alors qu'elle n'a que quelques mois, la fillette est confiée à sa grand-mère paternelle, "le
lien se rompt
" entre mère et fille raconte Anne-Sophie Faucheur, "je
la voyais peu, c'était froid, elle ne me reconnaissait pas
". 

"Tout était
prétexte à la fapper"
(le beau-père de Typhaine)

Après quatre ans de séparation, la mère veut que sa fille revienne.
Au tribunal de Douai elle confie que Typhaine lui "manquait ", et qu'elle est
allée à la sortie de l'école, un jour de janvier 2009 pour la "récupérer ".
Mais le moment tant attendu dérape vite. La mère se défend : "J'avais idéalisé nos
retrouvailles, je ne me suis pas dit qu'elle pouvait être perturbée. Je pense
que j'attendais beaucoup de choses, je perdais pied. A partir de février, je commence
à être autoritaire, dure
". Et même pire. La mère accusée de meurtre avoue
qu'elle se rend compte devant les juges de "la monstruosité de ses actes ".

Un beau-père "soumis" qui ne voulait pas de Typhaine

Après le témoignage d'Anne-Sophie
Faucheur, celui de son ex-concubin, Nicolas Willot. Il raconte qu'à partir de février, "la
situation s'est vite aggravée, Typhaine était une enfant timide et renfermée,
jamais heureuse quoi qu'on fasse, cette attitude a agacé Anne-Sophie. Elle la
frappait quand elle était en colère, tout était prétexte à la frapper
". Il
avoue avoir lui même fait subir des violences à Typhaine entre mi-mai et juin. Il se décrit comme un homme "totalement
soumis
" à sa compagne, une femme "manipulatrice " et au "fort
caractère
".

Dans le box, Nicolas
Willot révèle qu'il ne voulait pas de Typhaine dans sa vie. Lorsque la fillette est venue
au monde, il y avait déjà à la maison, Caroline, la première fille d'Anne-Sophie,
et Apolline, la fille du couple. "A cinq, on était beaucoup, je ne
voulais pas faire de mal à Anne-Sophie, mais je trouvais qu'on était trop
nombreux, je n'ai pas osé lui dire
", a-t-il lancé.

Le procès d'Anne-Sophie
Faucheur et Nicolas Willot se poursuit jusqu'à vendredi, date à laquelle le
verdict est attendu. Les deux accusés risquent la réclusion criminelle à
perpétuité.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Justice

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.