La croisade d'Henri Guaino contre la justice et les magistrats en six citations

Mercredi, le député des Républicains s'en est pris à des juges "pervers" et "psychopathes" dans une longue diatribe à la tribune de l'Assemblée nationale.

Le député Henri Guaino au congrès des Républicains, le 30 mai 2015 à Paris.
Le député Henri Guaino au congrès des Républicains, le 30 mai 2015 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Une chose est sûre : Henri Guaino a de la constance dans ses idées. Le député des Républicains s'en est violemment pris aux magistrats, mercredi 28 octobre, à la tribune de l'Assemblée nationale. Il a confirmé ses propos sur BFMTV, jeudi, jugeant notamment que les magistrats ne devraient pas pouvoir être syndiqués.

Le député a pourtant été condamné le 22 octobre à 2 000 euros d'amende pour outrage à magistrat envers le juge Gentil, qui avait mis en examen Nicolas Sarkozy en 2013. L'ancien conseiller spécial de l'ex-président de la République ne manque pas une occasion d'attaquer la justice. Florilège.

1"[Le juge Gentil] a déshonoré la justice"

Les attaques répétées d'Henri Guaino envers la justice commencent avec la mise en examen de Nicolas Sarkozy, le 21 mars 2013, pour "abus de faiblesse" sur Liliane Bettencourt. Le lendemain, Henri Guaino qualifie ces accusations de "grotesques", sur Europe 1, et s'en prend directement au juge Jean-Michel Gentil, en charge du dossier : "Je conteste la façon dont il a fait son travail, je la trouve indigne. Il a déshonoré un homme, il a déshonoré des institutions, il a aussi déshonoré la justice." Poursuivi, Henri Guaino n'hésite pas à réitérer ses propos, et explique même qu'il refusera de répondre aux policiers en charge de l'enquête.

2"La justice est devenue folle"

En mars 2014, une autre affaire scandalise Henri Guaino, celle des écoutes de Nicolas Sarkozy et de son avocat Thierry Herzog. "Est-ce que les juges sont au-dessus de la Constitution ?" s'interroge le député sur France 24 et France Inter, et dans Le Parisien. "La justice est devenue folle. (...) Il y a juste l'envie de certains de trouver quelque chose de scandaleux. Certains juges font passer leurs convictions politiques avant l'éthique de leur fonction."

3"Le syndicalisme est devenu un des plus grands maux de la magistrature"

En juillet 2014, Henri Guaino s'en prend à l'impartialité des magistrats, appuyant une proposition de loi du député UMP Eric Ciotti visant à leur interdire de se syndiquer"Une magistrature sereine (...) doit se débarrasser du militantisme syndical", lance-t-il sur BFMTV et RMC. "Dans notre société, plus on a de pouvoir, plus on doit avoir de devoirs. Les magistrats sont ceux qui ont le plus de pouvoir : ils peuvent détruire votre réputation, votre situation matérielle, morale, vous priver de votre liberté." Il considère que "le syndicalisme est devenu un des plus grands maux de la magistrature" et qu'il "faut l'interdire"

4"Indépendance [de la justice] ou climat malsain et revanchard ?"

Henri Guaino est relaxé en première instance, fin novembre 2014, au sujet de ses propos sur le juge Gentil, mais le parquet de Paris décide de faire appel. Henri Guaino dit sa colère à l'Assemblée, lors des questions au gouvernement, le 2 décembre, interpellant Christiane Taubira. "Indépendance ou corporatisme ? Indépendance ou pression syndicale ? Indépendance ou climat malsain et revanchard ?" égrène le député.

5"Une ivresse de la surpuissance chez certains juges"

En mai 2015, les écoutes de Nicolas Sarkozy sont validées par la justice. "Je ne vais pas reprendre la longue litanie des critiques que j'adresse au fonctionnement de la justice", assure Henri Guaino sur RTL, avant... de reprendre la longue litanie de ses critiques envers la justice. "Le secret professionnel est mort", estime le député, pour qui "il y a parfois une ivresse de la surpuissance, une forme d'irresponsabilité de la part de certains juges".

6"Des juges infâmes qui rendent un jugement inique"

Mercredi 28 octobre, à la tribune de l'Assemblée nationale, Henri Guaino se lance dans ce qui est sans doute sa diatribe la plus violente contre certains juges "infâmes qui rendent un jugement inique". "Dans la magistrature, comme partout ailleurs, il y a des gens qui honorent leurs fonctions, il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie", affirme l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui s'est lancé dans une longue liste de griefs qui font que, selon lui, la justice française "ne mérite plus son nom".