L'oncle de Bachar Al-Assad condamné à Paris à quatre ans de prison pour fraude, son patrimoine français confisqué

Rifaat Al-Assad était accusé de s'être bâti frauduleusement dans l'Hexagone un vaste patrimoine immobilier, estimé à 90 millions d'euros.

Une photo de Rifaat Al-Assad datant du 29 novembre 1984.
Une photo de Rifaat Al-Assad datant du 29 novembre 1984. (PHILIPPE BOUCHON / AFP FILES)

Rifaat Al-Assad, l'oncle du président syrien Bachar Al-Assad, a été condamné, mercredi 17 juin à Paris, à quatre ans de prison pour s'être bâti frauduleusement dans l'Hexagone un vaste patrimoine immobilier estimé à 90 millions d'euros, dont le tribunal a prononcé la confiscation. Dans cette affaire de "biens mal acquis", Rifaat Al-Assad, 82 ans, absent du procès pour "raisons médicales" mais représenté par ses avocats, est notamment reconnu coupable de blanchiment en bande organisée de détournement de fonds publics syriens, entre 1996 et 2016.

Hôtels particuliers, appartements, château, haras...

Rifaat Al-Assad, résident britannique à la tête d'un empire immobilier en Europe qui se présente aujourd'hui comme un opposant à son neveu Bachar, est également condamné pour blanchiment de fraude fiscale aggravée ainsi que pour le travail dissimulé d'employés de maison. Il a été en revanche relaxé sur des faits couvrant la période 1984-1996, pour des questions juridiques. Parmi les biens confisqués par la justice en France figurent deux hôtels particuliers dans les beaux quartiers parisiens, une quarantaine d'appartements, un château, des haras dans le Val-d'Oise... Une propriété a aussi été saisie à Londres.

Dénonçant une décision "qui ne s'appuie sur aucun élément objectif", ses avocats ont indiqué qu'ils allaient "immédiatement interjeter appel". Aux yeux du tribunal, qui a pointé des faits "d'une exceptionnelle gravité" nonobstant l'âge du prévenu, "des éléments concordants accréditent l'existence de détournements de fonds publics aux dépens de l'Etat syrien et au profit exclusif de Rifaat al-Assad". Dans une déclaration transmise à la presse, ses avocats ont réaffirmé qu'il "n'y a pas au dossier un centime de fonds provenant de Syrie" et que "tous les flux identifiés ont une origine licite".