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Du vol de son fourgon à sa sortie de prison, le parcours de l'ex-convoyeur de fonds Toni Musulin

L'homme a été condamné en 2010 à cinq ans de prison pour avoir dérobé plus de 11 millions d'euros dans le camion qu'il conduisait. Il a été remis en liberté le week-end dernier.

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France Télévisions
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La photo de Toni Musulin distribuée par la police après le braquage, le 6 novembre 2009. (POLICE JUDICIAIRE / AFP)

Toni Musulin est sorti de prison. L'ancien convoyeur de fonds, condamné en 2010 à cinq ans de prison pour le vol de son propre fourgon, a été libéré dimanche, rapporte RTL mercredi 2 octobre.

Francetv info revient sur l'histoire rocambolesque de cet homme, de son "casse du siècle", en 2009, à sa sortie de prison.

Novembre 2009 : il vole 11,6 millions, puis se rend

Le 5 novembre 2009, à 10h12 précises, comme le raconte Le Monde (article pour abonnés), Toni Musulin disparaît au volant d'un fourgon blindé de la Loomis, la société de transporteurs de fonds pour laquelle il travaille depuis 10 ans. Il laisse ses deux collègues à quai, dans le 8e arrondissement de Lyon (Rhône). Le véhicule est retrouvé, deux heures plus tard, son système de localisation déconnecté. Il a été vidé de ses 47 sacs contenant des coupures de 5 à 500 euros. Au total, le convoyeur vient de dérober 11,6 millions d'euros.

Le surlendemain du vol, 9,1 millions d'euros sont retrouvés dans un véhicule stationné dans un box que Toni Musulin avait loué sous un faux nom, près de Lyon. L'homme, âgé de 39 ans à l'époque, se rend finalement à la police, à Monaco, le 16 novembre 2009. Parce que "l'affaire [le] dépassait" et que c'était "sur [sa] route", explique-t-il lors de son procès.

Mai 2010 : il est condamné à 3 ans de prison, puis 5 ans

A l'issue de son procès, le 11 mai 2010, Toni Musulin est condamné à trois ans de prison, et 45 000 euros d'amende pour vol sans violence. Au cours de l'audience, l'ex-convoyeur présente son vol rocambolesque comme une vengeance à l'égard d'un patron injuste et "privilégiant la rentabilité sur la sécurité". Il parle d'erreurs sur ses fiches de paie, de fourgons défectueux ou de refus de congés, selon Le Monde (article pour abonnés). Ce que dément la société Loomis. Il raconte aussi "ses onze jours de cavale à moto et en train prétendument passés à 'visiter Naples et Rome' et à 'manger des pâtes'".

Le parquet décide de faire appel de sa première condamnation. Le 2 novembre 2010, sa peine est alourdie à cinq ans de prison. Enfin, le 13 juin 2012, la Cour de cassation rejette tous les pourvois de Toni Musulin, ce qui rend sa condamnation définitive.

Janvier 2011 : un livre sur son histoire, avant un film

Toni 11,6. Histoire du convoyeur, le livre de la journaliste Alice Géraud-Arfi, qui a recueilli les confidences de Toni Musulin à la prison de Corbas (Rhône), est publié le 26 janvier 2011. L'auteure révèle notamment que l'ex-transporteur de fonds voulait cacher ses 11,6 millions d'euros derrière un double mur invisible qu'il avait érigé au fond de son box de garage en attendant que la pression policière retombe.

Le livre inspire à Philippe Godeau un film, sorti le 3 avril 2013. Le long-métrage, dans lequel François Cluzet interprète Toni Musulin, s'ouvre sur sa reddition dans un commissariat de Monaco, après une cavale rocambolesque en Italie. Puis il explore le quotidien du convoyeur, dont la radinerie est légendaire chez ses anciens collègues.

Fin septembre 2013 : Toni Musulin sort de prison

Depuis le 18 novembre 2009, Toni Musulin était incarcéré à la prison de Lyon-Corbas, où il était placé à l'isolement. L'ancien chauffeur de la Loomis est finalement transféré à la mi-mars 2013 à la prison de la Santé, à Paris, dans une cellule VIP, sur décision de l'administration centrale. Mais il refuse une liberté conditionnelle avec bracelet électronique, comme le racontait Le Progrès en mars, préférant aller jusqu'au bout de sa peine en prison.

Toni Musulin sort le 29 septembre, "en fin de peine", confirme une source judiciaire. De fait, grâce aux remises de peine prévues par la loi, il a pu bénéficier de 11 mois de réduction de peine, et par exemple, d'une réduction de peine supplémentaire s'il a manifesté des efforts sérieux de réadaptation sociale.

Restent les 2,5 millions d'euros du butin de Toni Musulin, sur laquelle la police n'a jamais remis la main. Musulin jure ne pas savoir où ils se trouvent, et avance qu'ils ont été soit volés par un tiers, soit comptabilisés à tort. Une instruction contre X est toujours en cours pour le recel de ce pactole évanoui dans la nature, qui suscite encore des fantasmes.

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