L'ancien haut magistrat Pierre Truche est mort

En 1987, alors procureur général, il avait requis la prison à perpétuité contre Klaus Barbie, l'ex-chef de la Gestapo de Lyon.

L\'ancien magistrat Pierre Truche, alors procureur général près la Cour de cassation, photographié le 6 janvier 1993.
L'ancien magistrat Pierre Truche, alors procureur général près la Cour de cassation, photographié le 6 janvier 1993. (JOEL ROBINE / AFP)

Pierre Truche, procureur général lors du procès de Klaus Barbie en 1987, est mort dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 90 ans, a annoncé la garde des Sceaux, rendant hommage à "une figure immense de la magistrature". "Par ses discours et ses interventions, il a marqué des générations de magistrats sur la nécessaire humanité du 'magistrat face aux autres et à lui-même'", a déclaré Nicole Belloubet dans un communiqué, samedi 21 mars.

"En requérant 'qu'à vie soit reclus' un criminel contre l'humanité, il a contribué à ce que chacun se souvienne des heures sombres qu'a traversé notre pays", souligne la ministre. "Sa contribution décisive à la définition du crime contre l'humanité a forgé les armes du combat nécessaire contre ces fléaux que sont le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme."

L'hommage de François Molins

En 1987, Pierre Truche a occupé la fonction de procureur général près la cour d'appel de Lyon au procès de Klaus Barbie, l'ex-chef de la Gestapo de Lyon, qui fut déclaré coupable d'avoir organisé la déportation de centaines de juifs. Entré dans la magistrature en 1955, Pierre Truche a gravi pendant 40 ans tous les échelons du parquet : de substitut du procureur de la République à Arras, à procureur général de la cour d'appel de Paris, puis procureur général près la Cour de cassation, qu'il a présidée de 1996 à 1999.

Son actuel successeur à la Cour de Cassation, François Molins, a rendu hommage sur Twitter à ce "magistrat d'exception (...) inspirateur de tant de magistrats, qui, comme moi, ont eu la chance, l'honneur et le bonheur de le rencontrer"