L'ex-ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a informé Thierry Solère d'une enquête le concernant

Selon les informations du "Canard enchaîné", une note confidentielle a été découverte par les enquêteurs sur le téléphone du député des Hauts-de-Seine lors d'une perquisition menée au domicile de l'élu.

Jean-Jacques Urvoas, alors garde des Sceaux, le 19 avril 2017 à Paris.
Jean-Jacques Urvoas, alors garde des Sceaux, le 19 avril 2017 à Paris. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)
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Jean-Jacques Urvoas a-t-il trahi le secret de sa fonction, alors qu'il était ministre de la Justice ? Le Canard enchaîné révèle dans son édition du mercredi 13 décembre que l'ancien garde des Sceaux a communiqué une note confidentielle au député des Hauts-de-Seine Thierry Solère pendant l'entre-deux-tours de la présidentielle. Le document, qui émanait de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), détaillait "les investigations en cours" contre l'élu des Républicains (qui a adhéré depuis à La République en marche), visé par une enquête pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d'influence.

Un échange sur l'application Telegram

Pourtant, l'ancien garde des Sceaux et le député des Hauts-de-Seine avaient pris soin d'échanger sur l'application de communication chiffrée Telegram, mais Thierry Solère a téléchargé le document sur son téléphone. Les policiers ont donc découvert la note après une perquisition menée au domicile de l'élu, le 26 juin dernier. Ces informations ont été confirmées à l'hebdomadaire par la procureure de Nanterre. Le journal précise par ailleurs qu'une procédure pour violation du secret professionnel pourrait être lancée devant la Cour de justice de la République.

Contacté par Le Canard enchaîné, Thierry Solère a répondu par l'intermédiaire de ses avocats qu'il avait été lui-même victime d'une violation du secret de l'enquête, car "la presse a rendu public le contenu détaillé d'une enquête préliminaire à son encontre". "Le ministre lui a adressé un message, qui, de façon neutre et objective, confrmait l'existence du contenu de l'enquête en cours, d'ores et déjà rendue publique, sans se prononcer sur les suite qui en seraient données", ont expliqué Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich.