Affaire Benalla : entendue par la DGSI, une journaliste du "Monde" invoque la "protection des sources"

Ariane Chemin a été entendue pendant trois quarts d'heure dans le cadre d'une enquête pour "révélation de l'identité d'un membre des forces spéciales".

La façade du journal \"Le Monde\", le 27 décembre 2007, à Paris.  
La façade du journal "Le Monde", le 27 décembre 2007, à Paris.   (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Ariane Chemin, la journaliste du Monde à l'origine de l'affaire Benalla, a été convoquée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mercredi 29 mai, dans le cadre d'une enquête pour "révélation de l'identité d'un membre des forces spéciales". Interrogée par l'AFP, la journaliste explique avoir fait valoir la protection des sources et contesté toute "faute".

"Je leur ai expliqué que je n'avais fait que mon travail de journaliste et j'ai fait valoir l'article 2 de la loi de 1881", qui dispose que "le secret des sources des journalistes est protégé dans l'exercice de leur mission d'information du public", a-t-elle raconté. 

Ils m'ont posé beaucoup de questions sur la manière dont j'avais vérifié mes informations, façon indirecte de m'interroger sur mes sources.Ariane Chemin, journaliste au "Monde"à l'AFP

Entre le protocole d'audition et les questions, "tout est fait pour vous convaincre que vous avez commis une faute lourde, ce que nous contestons formellement", a poursuivi la grande reporter, convoquée pour des articles sur les affaires d'Alexandre Benalla et notamment "sur le profil d'un sous-officier de l'armée de l'air, Chokri Wakrim, compagnon de l'ex-cheffe de la sécurité de Matignon".

Dans un communiqué diffusé sur Twitter, la société des rédacteurs du Monde s'est dite "solidaire de sa consoeur Ariane Chemin (...) Elle a porté à la connaissance des citoyens des informations d'intérêt public, ne faisant ainsi que son travail". Le SNJ-CGT avait de son côté appelé à un rassemblement devant le siège de la DGSI mercredi en soutien "à tous les journalistes convoqués par l'Etat français, en violation de la loi sur la liberté de la presse et pour la liberté d'informer".