Joué-Lès-Tours : la sœur de l'agresseur a été placée en garde à vue

Lors d'une conférence de presse tenue lundi soir, le procureur de Paris François Molins a indiqué que la sœur de l'agresseur de Joué-lès-Tours avait été placée en garde à vue "dès samedi soir".

(François Molins le procureur de Paris a indiqué lundi que l'enquête sur l'agression de joué-lès-Tours se poursuivait et que le frère de l'agresseur pourrait être extradé du Burundi © Maxppp)

Lors d'une conférence de presse lundi soir, le procureur de la République de Paris, François Molins a indiqué que la soeur de l'agresseur du commissariat de Joué-lès-Tours, Bertrand "Bilal" Nzohabonayo, avait été placée en garde à vue dès samedi soir.  Elle aurait livré des éléments sur la personnalité de son frère, converti à l'Islam à l'âge de 17 ans. "Cette garde à vue est en train d'être levée, en l'absence d'élements indiquant une complicité ", a-t-il ajouté. Lors de perquisitions menées chez la mère et la soeur de l'agresseur, les enquêteurs ont découvert un "testament religieux" écrit de la main de l'agresseur, sans pouvoir établir si ce document était lié ou non à l'agression de samedi. 

Bertrand Nzohabonayo s'est converti vers l'âge de 16, 17 ans, un an après son frère" François Molins, procureur de la République de Paris
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Par ailleurs, le procureur a confirmé que le jeune frère de l'agresseur, Brice, était connu des services spécialisés depuis un signalement de leur mère en août 2013. L'homme a été arrêté au Burundi, pays d'origine des deux frères, où il était connu pour son engagement dans un "islamisme pur et dur ". François Molins a indiqué que Brice Nzohabonayo était actuellement placé en rétention provisoire pour une durée de 14 jours.

L'influence du frère

"Les recherches sur le passé de l'agresseur ont montré que les deux frères s'étaient fait remarquer dans leur jeunesse pour des faits de recel, vol, et extorsion ", a expliqué le procureur de la République.

En visite à Montpellier, le Premier ministre Manuel Valls a appelé la société à "réagir" face au phénomène des jeunes qui se sentent "impliqués " par le djihad. "Nous avons plus d'un millier d'individus concernés par le djihad en Syrie ou en Irak, plus de 300 sont là-bas, 56 ou 57 sont morts sur place, ça montre le degré d'implication" , a poursuivi Manuel Valls : "Beaucoup y sont allés, beaucoup veulent y aller, beaucoup en sont heureusement revenus. Cela doit interpeller la société française".

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Samedi dernier, Bertrand "Bilal" Nzohabonayo s'était introduit dans le commissariat de Joué-lès-Tours et avait attaqué au couteau trois policiers au cri d'"Allahou Akbar" avant d'être abattu. Le jeune converti, âgé de 20 ans avait posté deux jours plus tôt une photo du drapeau de l'organisation terroriste Daech sur Facebook. Une photo que son frère avait lui-même postée quelques jours auparavant. Lors de son signalement en août 2013, la mère des deux garçons s'était inquiétée "de la radicalisation de son fils Brice et de l'influence que ce dernier pouvait exercer sur son frère Bertrand".