Jean-Michel Bissonnet condamné à 20 ans de réclusion

Le retraité de 64 ans était jugé en appel depuis le 7 novembre à Carcassonne pour avoir commandité l'assassinat de son épouse en mars 2008. Condamné à 30 ans de réclusion en première instance, sa peine a été ramenée à 20 ans.

Jean-Michel Bissonnet lors de l\'ouverture de son procès en appel, le 7 novembre 2011 à Carcassonne (Aude).
Jean-Michel Bissonnet lors de l'ouverture de son procès en appel, le 7 novembre 2011 à Carcassonne (Aude). (CLAUDE BOYER / L'INDEPENDANT / MAXPPP)

Le troisième acte du procès de Jean-Michel Bissonnet s'est achevé jeudi 24 novembre sur une nouvelle condamnation prononcée par la Cour d'assises de l'Aude.

Dans ce procès en appel, l'homme d'affaires héraultais a été reconnu coupable du meurtre de sa femme, Bernadette, en mars 2008, avec la complicité de son jardinier Méziane Belkacem et de son voisin le vicomte Amaury d'Harcourt.

• Quelles sont les condamnations ?

Jean-Michel Bissonnet, homme d'affaires retraité de 64 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion pour avoir commandité l'assassinat de son épouse. Une condamnation inférieure aux réquisitions du procureur, qui avait demandé la confirmation de la peine de 30 ans de réclusion criminelle, prononcée lors du premier procès en janvier 2011.

Son jardinier, Méziane Belkacem, 52 ans, a vu sa première condamnation confirmée : il écope lui aussi de 20 ans de prison, pour assassinat.

Le vicomte Amaury d'Harcourt, 86 ans, a lui été condamné à 8 ans de prison pour complicité.

• Quels faits leurs sont reprochés ?

Le soir du 11 mars 2008, Jean-Michel Bissonnet découvre dans sa villa de Castelnau-le-Lez (Hérault) le corps inanimé de son épouse, Bernadette, tué de deux coups de fusil. Il alerte les gendarmes, qui concentrent rapidement leur enquête sur lui et l'interrogent sur son emploi du temps. Le jour du meurtre, il aurait rencontré son jardinier, Méziane Belkacem, puis son voisin et ami de quarante ans, le vicomte Amaury d'Harcourt.

Interrogé par les gendarmes, le jardinier avoue rapidement être l'auteur des deux tirs qui ont tué la femme de son employeur. Il prétend que ce dernier lui aurait promis 30 000 euros en échange. Entendu à son tour, le vicomte avoue avoir caché l'arme du crime à la demande de Jean-Michel Bissonnet. Il indiquera aux enquêteurs son emplacement.

• Pourquoi subsiste-t-il une zone d'ombre ?

Durant toute la durée de l'enquête et du procès, la question du mobile a hanté les débats. A priori, Jean-Michel Bissonnet n'avait aucune raison de faire assassiner sa femme, qu'il disait aimer profondément et avec qui il partageait "une vie de rêve" comme l'explique L'Express.

Jean-Michel Bissonnet a toujours clamé son innocence, soutenu par ses deux fils qui ne l'ont jamais cru capable de planifier le meurtre de leur mère.

Le principal accusé a en revanche pointé du doigt des incohérences dans les dépositions des deux autres accusés. Il a notamment mis en avant la possible culpabilité d'Amaury d'Harcourt, décrit comme un pique-assiette du couple et que Bernadette n'aimait pas.

• Pourquoi le procès a-t-il duré aussi longtemps ?

Lors de son premier procès aux assises, ouvert en octobre 2010, Jean-Michel Bissonnet avait eu une attitude jugée "étrange" par la cour, comme par ses avocats. Agité, dédaigneux, ses coups d'éclat ne semblaient pas jouer en sa faveur.

Un coup de théâtre le décrédibilise définitivement lors de ce premier procès : il est confondu par des documents qui prouvent qu'il a voulu faire venir à la barre un faux témoin pour l'innocenter et accuser le vicomte d'Harcourt, raconte le Nouvel Observateur.

Ses avocats décident alors de ne plus assurer sa défense. L'audience est reportée à janvier 2011. Un deuxième procès à l'issue duquel il est condamné à 30 ans de prison.

Le procès en appel a ouvert le 7 novembre 2011 et les débats se sont déroulés dans des conditions bien plus favorables que lors des deux premières audiences. Son avocat y a demandé l'acquittement, estimant que "le doute doit bénéficier à l'accusé". En vain, sa peine ayant été "seulement" ramenée à 20 ans de réclusion.