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Instituteur relaxé de l'invention d'une agression djihadiste : le parquet fait appel

Il avait affirmé avoir été agressé par un djihadiste dans sa classe, puis avoué avoir tout inventé, avant de revenir sur ses aveux : un instituteur de banlieue parisienne jugé pour "dénonciation de crime imaginaire" a été relaxé pour vices de procédure. Le parquet a décidé de faire appel.
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Radio France
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 (L'agression factice aurait eu lieu dans cette école d'Aubervilliers © William Abenhaim/SIPA)

Le parquet avait reproché au prévenu d'avoir créé un "traumatisme inhumain" chez les parents d'élèves, alors que le pays était sous le choc des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Il a décidé de faire appel.

Le tribunal correctionnel de Bobigny avait choisi, vendredi 12 février, de relaxer l'instituteur de 45 ans. Deux à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende avaient été requis contre lui. L'enseignant risquait en outre jusqu'à six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende, ainsi que la révocation de l'Éducation nationale, en cas de condamnation. L'instituteur est, depuis, suspendu depuis les faits par l'Éducation nationale.

Rappel des faits

L'insituteur, en poste depuis 22 ans dans la même école maternelle, avait raconté, dans un premier temps, avoir été attaqué au cutter, au matin du 14 décembre, dans sa classe par un homme se réclamant du groupe dihadiste État islamique qui lui aurait lancé: "C'est Daech, c'est un avertissement."

Il avait ensuite déclaré le jour même avoir tout inventé et s'être auto-mutilé pour dénoncer l'insuffisance des mesures de sécurité à l'école. Ces aveux, sur lesquels l'enseignant d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, était revenu dix jours plus tard, ont été jugés "non spontanés" par le tribunal, qui a déclaré la procédure "nulle".

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