Harcèlement moral chez France Télécom : de nouveaux dirigeants mis en examen

Les trois principaux dirigeants de l'entreprise avaient déjà été mis en examen en 2012. Les poursuites sont étendues à quatre autres cadres de l'entreprise cette semaine.

Une agence France Télécom, le 6 février 2008, à Paris.
Une agence France Télécom, le 6 février 2008, à Paris. (JACQUES BRINON / AP / SIPA)

Des départs "par la fenêtre ou par la porte". L'ambiance délétère qui régnait chez France Télécom entre 2006 et 2009, lorsque la direction souhaitait supprimer un poste sur cinq, a été un des éléments qui a poussé soixante personnes à mettre fin à leurs jours en trois ans. Un "harcèlement moral" qui a valu aux trois principaux dirigeants de l'entreprise, Didier Lombard, Louis-Pierre Wenes et Olivier Barberot, d'être mis en examen en juillet 2012. Les poursuites doivent être étendues à quatre autres cadres de l'entreprise entre mardi 9 et vendredi 12 décembre, rapporte Le Monde.

Nathalie Boulanger, ancienne directrice des actions territoriales, a été mise en examen pour "complicité de harcèlement moral" mardi 9 décembre, selon le quotidien. Le lendemain, l'ex-directeur territorial de l'est de la France, Jacques Moulin, a subi le même sort. Deux autres cadres devaient être convoqués devant les juges pour les mêmes faits, jeudi 11 et vendredi 12 décembre.

L'enquête a été ouverte en 2010

Les quatre dirigeants sont accusés d'avoir une part de responsabilité dans le malaise psychologique subi par les employés de France Télécom. "Le harcèlement moral n'est pas la faute des petits chefs au niveau local, mais des grands chefs. Il y a une attitude généralisée qui part du sommet", a affirmé un ancien cadre, entendu par les juges et cité par Le Monde.

Les juges devraient signifier la fin de l'instruction après la fin de ces auditions, vendredi 12 décembre. L'enquête sur la vague de suicides à France Télécom avait été ouverte en 2010, après la publication d'un rapport de l'inspection du travail mettant en cause la politique de gestion du personnel. La mise en examen de dirigeants d'une entreprise du CAC 40 pour "harcèlement moral" est une première dans un dossier de santé publique en France.