Double-meurtre de Montigny-lès-Metz : Francis Heaulme revient sur le banc des accusés dans un procès hors norme

Plus de 30 ans après le double-meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986, s'ouvre mardi le cinquième procès de cette affaire. Le tueur en série, Francis Heaulme, sera seul dans le box des accusés.

Francis Heaulme (au centre), déjà condamné à sept reprises pour neuf meurtres, photographié ci-contre le 3 octobre 2006 à Montigny-les-Metz lors d\'une reconstitution près de la voie de chemin de fer où Alexandre Beckrich et Cyril Beyning ont été retrouvés morts le 28 septembre 1986.
Francis Heaulme (au centre), déjà condamné à sept reprises pour neuf meurtres, photographié ci-contre le 3 octobre 2006 à Montigny-les-Metz lors d'une reconstitution près de la voie de chemin de fer où Alexandre Beckrich et Cyril Beyning ont été retrouvés morts le 28 septembre 1986. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Tout est hors norme dans cette affaire. Le crime lui-même, qui avait glacé la France en 1986. Les aveux de Patrick Dils, âgé d’à peine 16 ans, ses rétractations, sa condamnation à la perpétuité, puis 13 ans plus tard son acquittement, avec l’apparition dans la procédure du tueur en série. Enfin, ce cinquième procès. Un procès sans preuves, dit l’avocate de Francis Heaulme, Liliane Glock.

"Le procès ne peut plus se faire dans des conditions équitables, c’est cuit, c’est fini. On vient dire : ‘Monsieur Heaulme, on vous accuse. Seulement, on a supprimé tous les scellés qui pouvaient ou bien vous confondre à 100%, ou bien vous innocenter à 100%'",  explique l’avocate.  

Ça fait 20 ans qu’il a cette accusation sur le dos. Donc ça me paraît peu raisonnable de venir dire qu’il n’y a aucun doute, qu’il est coupableMe Liliane Glock, avocate de Francis Heaulme à franceinfo

L'ombre d'une absence, celle d'Henri Leclaire

Mais pour les juges d’instruction, il y a suffisamment de charges contre le tueur en série : sa présence avérée à Montigny-lès-Metz le jour du double meurtre, des témoignages qui le décrivent tâché de sang sur le visage, ses propres déclarations.

Il va pourtant planer sur ce procès l'ombre d'une absence, celle d'Henri Leclaire. Il y a trois ans, à Metz, l'audience s'était arrêtée au bout de deux jours à cause d'un témoin venu raconter les confidences de cet homme. Les juges avaient réclamé son renvoi devant les assises, qui a finalement été invalidé par la Cour de cassation. Cette fois, Francis Heaulme sera donc seul dans le box des accusés.

La maman d'Alexandre Beining, l'une des deux victimes, elle, attend "son cinquième procès", fébrilement, tout en précisant : "J'ai pas peur !". "J'ai promis à mon fils que jusqu'au bout, je ne cèderai pas", lâche Chantal Beining.