Extradition en Belgique : Medhi Nemmouche joue la montre

Le suspect de la fusillade au Musée juif de Bruxelles a refusé son transfert vers la Belgique. La procédure s’enclenche dès ce jeudi pour examiner la demande belge, avec une audience à Versailles. La justice française semble vouloir aller très vite.

(Le suspect de la tuerie de Bruxelles devant la Cour d'appel de Versailles © Reuters|François Lenoir)

Medhi Nemmouche va comparaître ce jeudi à 11h devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles. Ce rendez-vous représente la suite juridique de son refus d’être remis aux autorités belges. La procédure aurait pu durer plusieurs semaines, mais la justice française semble bien décidée à ne pas perdre de temps.

Un mandat lancé par la Belgique

L’extradition possible de Medhi Nemmouche répond en fait à un mandat d’arrêt européen. La procédure, au sein de l’Union européenne, permet la remise d’une personne recherchée par un Etat membre, pour des soupçons visant des faits passibles de plus d’un an de détention. Pour l’affaire de la fusillade du Musée juif de Bruxelles, le mandat d’arrêt a été délivré pour assassinats et tentative d’assassinat dans un contexte terroriste.

Une audience sécurisée

L’audience publique de ce jeudi matin à Versailles a pour but d’examiner le mandat d’arrêt européen émis par Bruxelles. Medhi Nemmouche va comparaître devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel, où des mesures de sécurité draconiennes ont été prises, renforts policiers, détecteurs de métaux, contrôle d'identité.

Les interrogations portent sur l’attitude que le suspect va adopter devant les magistrats. Choisira-t-il le mutisme adopté pendant sa garde à vue ? Nemmouche devrait au moins s’expliquer sur un point, son refus d’être extradé en Belgique, afin d’être jugé en France.

Les arguments de la défense

Pour expliquer cette position, son avocat, Me Apolin Pepiezep, avance que certains faits reprochés à son client, comme le transport illégal d’armes, ont été commis sur le sol français et donc que le mandat belge peut être refusé. La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles rendra sa décision dans la foulée de l’audience. Medhi Nemmouche peut ensuite contester la décision devant la Cour de cassation, qui aura 40 jours pour rendre son arrêt.