Ecoutes de Sarkozy : les protagonistes de l'affaire

Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue, avant d'être mis en examen dans la nuit. La Justice le soupçonne de trafic d'influence en marge de l'affaire Bettencourt. Outre l'ex-président, d'autres hauts personnages sont impliqués. France Info vous propose de faire le point en un coup d’œil sur les protagonistes de cette affaire.

(Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog sortant du tribunal de Bordeaux le 22 novembre 2012. © REUTERS/Regis Duvignau)
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  • Nicolas Sarkozy : A 59 ans, Nicolas Sarkozy a le privilège peu enviable d'être l'auteur d'une première historique : jamais un chef de l'Etat de la Vème République n'avait été placé en garde à vue. Jacques Chirac a certes été jugé et condamné en 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, mais c'était alors la Justice qui s'était déplacée chez lui pour l'interroger. Les magistrats cherchent à savoir si Nicolas Sarkozy a cherché, via  son avocat, à obtenir des informations couvertes par le secret dans l'affaire Bettencourt. Plus précisément, il s'agissait de la décision concernant la validité de la saisie de ses agendas, qui pouvaient aussi servir aux investigations dans l'affaire de l'arbitrage Tapie.

  • Thierry Herzog : Il compte parmi les ténors du barreau de Paris, spécialisé dans les affaires politico-financières et le grand banditisme. C'est lui que l'on peut voir assis à côté de Nicolas Sarkozy sur les photos réalisées à la sortie du palais de Justice de Bordeaux dans le cadre, justement, de l'affaire Bettencourt. Agé de 58 ans, il est le fidèle avocat de l'ancien chef de l'Etat. Les deux hommes se sont connus au tournant des années 70-80, quand Nicolas Sarkozy était jeune avocat. De l'affaire Clearstream à l'affaire Bettencourt en passant par les financements lybiens présumés de la campagne présidentielle 2007, Thierry Herzog a toujours été aux côtés de son ami. En garde à vue depuis lundi, il a reçu le soutien de prestigieux confrères, comme Hervé Témime ou Eric Dupont-Moretti.

  • Gilbert Azibert : Ce haut magistrat a-t-il tenté d'obtenir des informations qu'il n'était pas censé connaître dans l'affaire Bettencourt pour le compte de Nicolas Sarkozy ? La Justice tente de savoir si Azibert faisait remonter des informations du système judiciaire en échange d'un poste de prestige à Monaco. Ses ennuis judiciaires actuels constituent le premier faux pas d'une longue et brillante carrière pour cet homme de 67 ans. Marqué à droite, il a notamment été le bras droit de Rachida Dati après avoir occupé divers postes dans la magistrature. Visant le poste très convoité de procureur général près la Cour de cassation, il a toutefois dû céder la place à Jean-Claude Marin, ex-procureur de la République de Paris. Il est aujourd'hui avocat général dans une chambre civile de cette juridiction.

  • Patrick Sassoust : Tout comme Gilbert Azibert, il est avocat général à la Cour de cassation et il se trouve en garde à vue depuis lundi. A 55 ans, c'est la première fois qu'il apparaît sur le devant de la scène. La chambre criminelle, à laquelle il est affecté, est entre autre chargée du dossier Bettencourt. Et les enquêteurs le soupçonnent d'être la "taupe", qui aurait informé Gilbert Azibert. En tout cas les deux hommes se connaissent bien. Patrick Sassoust était en poste au parquet général de Bordeaux quand Gilbert Azibert le dirigeait.

  • Les juges financiers : Patricia Simon et Claire Thépaut sont chargées d'instruire le dossier. Cette dernière, ancienne patronne du Syndicat de la Magistrature, classé à gauche, est la cible des critiques de la droite, qui l'accuse de mener une instruction politique. D'autres juges du pôle financier du TGI de Paris, Renaud van Ruymbeke, Roger Le Loire, Serge Tournaire et Guillaume Daïeff travaillent sur des enquêtes qui touchent le camp Sarkozy.

- Les avocats : Les enquêteurs se demandent si ce n'est pas par ce canal que Nicolas Sarkozy a appris sa mise sur écoute. Le barreau est en effet censé être tenu au courant d'une telle procédure et Nicolas Sarkozy possède un solide réseau dans la profession. Les avocats parisiens ont déjà mis en garde contre toute perquisition au barreau.

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