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Dominique Cottrez renvoyée aux assises pour huit infanticides

Dominique Cottrez, une femme d'une cinquantaine d'années, a reconnu huit infanticides découverts en 2010 dans le Nord. Les faits n’étant pas prescrits, la justice a finalement décidé ce lundi de la renvoyer devant une cour d’assises. L'accusée a déjà annoncé qu'elle allait se pourvoir en cassation.
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Radio France
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 (© Maxppp - Dominique Cottrez, accusée de l'assassinat de huit de ses enfants)

C’est la plus importante affaire de ce type connue en France, a-t-on appris auprès de sa défense. Après plusieurs aléas juridiques, Dominique Cottrez devrait bien être jugée devant une cour d’assises pour l’assassinat de ses huit enfants. La justice a finalement tranché : les faits ne sont pas prescrits.

En juillet 2010, huit cadavres de nouveaux-nés avaient été découverts dans un pavillon et un jardin du village de Villers-au-Tertre, dans le Nord. La mère, une aide-soignante de 48 ans, a reconnu avoir étouffé les huit bébés. Il ne s'agirait donc pas d'un déni de grossesse, la mère ayant volontairement caché son état. Son mari a toujours assuré qu'il ignorait tout de ses grossesses et des homicides.

Domminique Cottrez a affirmé avoir été victime d’inceste et avoir agi par crainte que les enfants soient de son propre père, décédé en 2007. Elle a confié avoir été abusée par son père dès l'âge de huit ans et jusqu'à ce qu'elle soit mariée. Après deux ans de détention provisoire, elle a été remise en liberté en août 2012 et placée sous contrôle judiciaire, avec obligation de soins psychologiques et psychiatriques.

Débat sur le délai de prescription

L’affaire a connu quelques contretemps liés au délai de prescription : fallait-il le faire débuter au premier infanticide avant 2000, ce que plaidait la défense ? Ou au moment où les faits ont été découvert, en 2010 ?

C’est pourquoi, en octobre 2013, la cour de Cassation annule finalement son renvoi devant les assises. L'affaire doit être réexaminée par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris. La cour d’appel a finalement tranché : le point de départ de la prescription commence le jour de la découverte des corps, puisque la date des infanticides ne peut pas être déterminée.

Une décision fondée sur le "sens populaire"

Dominique Cottrez va "évidemment " faire un nouveau pourvoi en cassation contre cette décision de renvoi aux assises, a indiqué son avocate, Me Carlier. Son confrère Me Breton a dénoncé une décision "scandaleuse " qui n’a "rien de juridique " dont les "fondements reposent sur la morale, la philosophie, le sens populaire " mais ne va pas "dans le sens de la loi " :

 

 

 

Infanticide - la défense de Me Breton, avocat de Dominique Cottrez - 0
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