Disparition de Lydie Logé en 1993 : une information judiciaire ouverte pour "séquestration suivie de mort" après la garde à vue de Michel Fourniret

Des comparaisons ont pu être établies entre des traces d'ADN trouvées dans la camionnette de Michel Fourniret et l'ADN d'une ascendante de la disparue, dont le corps n'a jamais été retrouvé.

La maison de Michel Fourniret à Floing, près de Sedan (Ardennes), le 19 décembre 2018.
La maison de Michel Fourniret à Floing, près de Sedan (Ardennes), le 19 décembre 2018. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Une information judiciaire a été ouverte pour "séquestration suivie de mort" après les gardes à vue du tueur en série Michel Fourniret et de son ex-femme Monique Olivier dans le cadre de la disparition de Lydie Logé, 29 ans, le 18 décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne), a annoncé, lundi 18 novembre, le parquet de Caen. Ils ont été placés en garde à vue du 12 au 14 novembre, avant de retrouver leurs cellules de prison respectives à Fleury-Mérogis.

Des comparaisons ont pu être établies entre des traces d'ADN mitocondrial (uniquement transmis par la mère) trouvées dans la camionnette de Michel Fourniret et l'ADN d'une ascendante de la disparue. Le corps de Lydie Logé n'a jamais été retrouvé, a précisé à l'AFP Carole Étienne, procureure de la République de Caen. Concernant Monique Olivier, "son rôle n'est pas établi à ce stade des vérifications".

"Un cheminement dans l'Orne" à l'époque des faits

Lors de la garde à vue, il n'y a pas eu de "reconnaissance franche des faits" de la part de Michel Fourniret mais "des réponses plus ou moins floues qui appellent des vérifications, des investigations", a souligné Carole Étienne. Des éléments "qui peuvent laisser penser à un cheminement dans l'Orne" à l'époque des faits mais nécessitent une "analyse très méticuleuse des déplacements de l'intéressé", a-t-elle ajouté.

Michel Fourniret a été condamné en 2008 par la cour d'assises des Ardennes à la perpétuité incompressible pour le meurtre de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol, et trois agressions. Monique Olivier avait été condamnée à la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 28 ans, pour complicité dans quatre des meurtres et le viol en réunion d'une jeune fille.

En septembre, Michel Fourniret et Monique Olivier, qui ont divorcé en 2010, ont participé dans l'Yonne à une reconstitution dans l'enquête sur deux meurtres récemment reconnus par le tueur en série : ceux de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece commis entre 1988 et 1990.