Youtube supprime les chaînes de l'essayiste d'extrême-droite Alain Soral

La plateforme de diffusion de vidéos fait valoir que le polémiste d'extrême droite enfreint, dans ses vidéos, les conditions d'utilisation du site. 

Les bureaux de Youtube, à Berlin, le 7 décembre 2017. 
Les bureaux de Youtube, à Berlin, le 7 décembre 2017.  (SOPHIA KEMBOWSKI / DPA / AFP)

Une semaine après avoir fermé la chaîne du polémiste Dieudonné, Youtube suppriment celles de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. Lundi 6 juillet, la branche française de Google, la maison-mère de la plateforme américaine de vidéos en ligne, a fait savoir que les deux chaînes étaient fermées pour "enfreintes répétées aux conditions d'utilisation". La première, "ERTV Officiel", qui portait l'acronyme de son site "Egalité et réconciliation", comptait 185 000 abonnés. La seconde, "ERTV International", cumulait 3 200 abonnés.

A l'instar de Dieudonné, Alain Soral "ne pourra pas recréer de chaîne sur Youtube", a précisé Google France. En revanche, des vidéos le faisant apparaître pourront toujours être visibles si elles respectent les conditions d'utilisation de la plateforme.

La chaîne "ERTV Officiel" avait déjà été fermée par Youtube en juin 2018, une semaine après sa condamnation à deux peines d'emprisonnement avec sursis pour provocation à la haine. La plateforme invoquait déjà le "non-respect du règlement de la communauté". Le polémiste avait rapidement obtenu la réouverture de sa chaîne quelques jours plus tard, tirant parti des "zones grises" de l'ancien règlement pour amener Youtube à revenir sur sa décision, précise aujourd'hui Google France.

De nouvelles règles, plus strictes 

Depuis juin 2019, Youtube a durci son règlement vis-à-vis des discours de haine et ces fermetures interviennent en application de ce nouveau cadre, a précisé Google France. Aux Etats-Unis, la plateforme a également supprimé des chaînes de suprémacistes blancs la semaine précédente. 

Habitué des tribunaux, Alain Soral, de son vrai nom Alain Bonnet, a été condamné plusieurs fois par la justice. La dernière condamnation date de la fin juin en appel : 5 000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement, pour contestation de l'existence de la Shoah.