Deux jeunes d'extrême droite condamnés à de la prison ferme pour agression raciste

Le tribunal correctionnel de Lyon a condamné jeudi deux hommes proches du mouvement d'extrême droite Gud. Un an et six mois de prison ferme. Le 18 mai, ils avaient violemment agressé quatre personnes, dont l'une était d'apparence asiatique.

(GRANIER DEFERRE CAPUCINE/SIPA Autre)

Prison ferme pour deux jeunes hommes liés au mouvement
d'extrême droite Gud (Groupe union défense), ce jeudi, à Lyon. Le tribunal
correctionnel jugeait Christophe, 24 ans, et un de ses acolytes pour une agression
raciste. Le 18 mai dernier, vers 3h du matin, ils faisaient partie d'un groupe
qui a agressé quatre amis à vélo, dans le troisième arrondissement lyonnais. Ils
leur ont barré la route en déclarant : "Tu fréquentes une Asiatique, tu déshonores
la France
".

Ils se sont ensuite mis à
frapper deux personnes du groupe à vélo. Bilan : un traumatisme crâniens
et des dents cassées. A la barre, la jeune femme que les agresseurs avaient
pris pour une asiatique (et qui est en fait d'origine réunionnaise) est
suffocante. Elle se dit "traumatisée ". Christophe, l'agresseur a simplement commenté en expliquant : "On était alcoolisés et
on a fait une grosse connerie, sans aucune raison
".

Pas de caractère
politique à l'agression

Le tribunal a jugé que
les jeunes du groupe Gud avaient prémédité cette agression. L'une des victimes
a affirmé avoir croisé quelques minutes avant l'agression, dans une autre rue,
le même groupe "qui scandait des slogans racistes ".

Lors de l'audience, la
présidente du tribunal, Isabelle Foch, a évoqué le récent meurtre de Clément Méric. Le jeune homme a été tué par des militants d'extrême droite début juin. La
présidente voulait ainsi démontrer la gravité de ce genre d'agression, mais les
prévenus ont refusé d'admettre un caractère politique à leur acte.

Christophe a été condamné à un an de prison ferme et
six avec sursis. Son complice a écopé de douze mois dont six avec sursis. Un troisième prévenu, arrêté le soir même a été mis hors de cause. Un quatrième, mineur va être présenté au juge pour enfants.