Des dossiers confidentiels de détenus abandonnés dans la rue en Seine-Saint-Denis

Deux jeunes femmes ont confié à Rue 89 des dizaines de dossiers contenant des informations confidentielles sur des détenus. Elles les avaient trouvés sur un trottoir de Pantin, en Seine-Saint-Denis.

Le service pénitentiaire d\'insertion et de probation de Pantin (Seine-Saint-Denis) devant lequel des dossiers confidentiels de détenus ont été trouvés par des passants, dimanche 24 août 2014.
Le service pénitentiaire d'insertion et de probation de Pantin (Seine-Saint-Denis) devant lequel des dossiers confidentiels de détenus ont été trouvés par des passants, dimanche 24 août 2014. ( GOOGLE MAPS)

Les deux jeunes femmes ne s'attendaient sûrement pas à faire une telle découverte. Dimanche 24 août, deux habitantes de Pantin, en Seine-Saint-Denis, ont trouvé un carton abandonné sur un trottoir. Elles découvrent alors des documents confidentiels concernant des détenus. Elles ont confié leur trouvaille à la rédaction de Rue 89 qui a soigneusement épluché ces dossiers. Identités, coordonnées, détails personnels, ce sont des centaines de renseignements intimes qui ont été abandonnés en pleine rue, devant le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) de Pantin.

Rue 89 fait un inventaire détaillé des 196 dossiers de détenus qui ont été emprisonnés à la maison d'arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, entre 2008 et 2010. Il s'agit de documents destinés à évaluer leur capacité à porter un bracelet électronique. On y découvre ainsi des renseignements très précis sur ces prisonniers, mais aussi sur leur famille, leur environnement ou les coordonnées de leurs avocats.

Une affaire "prise très au sérieux"

Des informations qui auraient pu être utiles à des personnes mal intentionnées, explique Rue 89 : "Usurpation d’identité, chantage, cambriolage, menaces voire, au pire, vengeance ou représailles." Cette découverte a été signalée par le site d'information à l'administration pénitentiaire, qui "prend l'affaire très au sérieux". "Normalement, on ne s’en débarrasse pas comme ça, il y a une procédure précise à suivre" regrette-t-on au Spip de Pantin.

Pour expliquer ce dysfonctionnement, des employés travaillant dans le bâtiment évoquent le manque de personnel pour trier les archives. Plus inquiétant, des manquements en matière de sécurité, comme des dossiers abandonnés dans les couloirs ou des fenêtres restées ouvertes le week-end, sont également évoqués.