Couple de policiers tué : trois personnes de l'entourage du suspect en garde à vue

Trois personnes de l'entourage de Larossi Abballa, suspect de l'assassinat d'un couple de policiers à Magnanville (Yvelines), ont été placées en garde à vue, a indiqué ce mardi le procureur de la République de Paris.

(Le quartier sous surveillance du couple de policiers tué lundi soir à Magnanville, dans les Yvelines © MaxPPP)

L'enquête menée par le parquet antiterroriste sur Larossi Abballa, l'homme suspecté d'avoir tué un policier et sa compagne lundi soir à Magnanville, s'intéresse à son entourage. Trois de ses proches sont en garde à vue depuis ce mardi, sans que l'on sache s'il s'agit de relations familiales ou amicales. Le procureur de la République de Paris, François Molins, a indiqué ce mardi en début d'après-midi, que les auditions concernent "des hommes âgés de 27, 29 et 44 ans", sans donner d'autres détails, pour les besoins de discrétion de l'enquête.

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Allégeance à Daech

Le jeune homme de 25 ans a d'abord publié sur son compte Facebook une vidéo de revendication de 12 minutes, à 20h52. Il a tué le commandant de police entre 20h et 20h20, puis s'est retranché à son domicile, prenant en otage sa compagne de 36 ans et leurs fils de trois ans et demi. Il a donc posté cette vidéo depuis le domicile de ses victimes, ainsi que deux tweets de revendications, via un compte twitter créé très récemment, le 8 juin dernier.

François Molins a ajouté qu'au cours des négociations avec le Raid, le tueur "a précisé avoir prêté allégeance, trois semaines plus tôt, au commandant des croyants de l'Etat islamique, Al-Baghdadi, et a ajouté avoir répondu à un communiqué de cet émir qui demandait 'de tuer des mécréants chez eux avec leur famille' ".

Larossi Abballa a par ailleurs "indiqué connaître la qualité de policier de la victime et a menacé de tout faire sauter si les policiers investissaient les lieux, disant leur réserver - je cite - une surprise et n'attendre que ça " a souligne le procureur de la République de Paris.

Une liste de cibles potentielles retouvée au domicile du couple

Par ailleurs, au cours de la fouille du logement de Magnanville où s'est retranché Laroussi Abballa, une liste de cibles a été retrouvée par les enquêteurs. Elle mentionne les noms de personnalités : "des rappeurs, des journalistes, des policiers" , selon François Molins. Trois couteaux dont un ensanglanté et trois téléphones ont également été découverts. Larossi Abballa s'est d'ailleurs jetés sur les hommes du raid au moment de l'assaut avec un couteau en criant Allah Ouakbar, selon nos informations.

Les perquisitions menées au domicile de Larossi Abballa n'ont pas permis de retrouver des armes ou des explosifs mais "divers documents ou matériels informatiques ont pu être saisis et sont en cours d'exploitation".  Dans son véhicule, garé à proximité du pavillon, les policiers ont en outre retrouvé une djellaba blanche, un Coran, ainsi que deux livres intitulés La croyance authentique et L’explications des trois fondements.

12 minutes de vidéos envoyées à une "centaine de contacts"

Autre élément de l'enquête dévoilée par François Molins : une vidéo de revendication de 12 minutes. A 20h52, Laroussi Abballa a publié sur le réseau social Facebook une vidéo de revendication tournée au domicile du couple de policiers. Un document qu'il a eu le temps d'envoyer "à une centaine de contacts ". Par ailleurs, il a envoyé deux tweets de revendication. 

Surveillance et écoute

Le dossier judiciaire de Larossi Abballa n'est pas vide. Les enquêteurs disposent de plusieurs indications puisque, selon les informations recueillies par France Info, le suspect avait fait l'objet d'une surveillance de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis sa sortie de prison, à la fin du mois de septembre 2013. Larossi Abballa avait également été placé sur écoute judiciaire en mars dernier, quand son nom était apparu dans le cadre d'une information judiciaire ouverte après le départ d'un homme en Syrie.

Pour autant,"ces interceptions téléphoniques n'avaient pas à ce jour mis en évidence le moindre élément permettant de déceler la préparation d'un passage à l'acte violent, elles ne pouvaient donc à ce stade justifier une interpellation à l'initiative du juge d'instruction", a toutefois souligné le procureur de la République de Paris. 

Le suspect a été abattu par le Raid lundi soir. L'attaque dont il est soupçonné a été revendiquée par Daech.