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Christiane Taubira guest star des juges des enfants

Christiane Taubira a eu droit samedi à une ovation debout de la part de professionnels de la justice des enfants, tout en évitant cette fois de prendre tout engagement concret.
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Christiane Taubira (17 mai 2012) (THOMAS SAMSON / AFP)

Christiane Taubira a eu droit samedi à une ovation debout de la part de professionnels de la justice des enfants, tout en évitant cette fois de prendre tout engagement concret.

"Juge des enfants, c'est un très beau titre, beaucoup plus beau que juge des mineurs", a déclaré samedi la garde des Sceaux à l'ouverture de l'assemblée générale de l'Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille (AFMJF).

"Nous savons à quel point vous avez été stigmatisés (...), nous avons ressenti l'injustice, la brutalité, la violence des attaques qui vous ont été reservées" ces dernières années, a-t-elle poursuivi, devant environ 120 personnes réunies dans la salle des criées, au palais de justice de Paris.

"Nous savons combien vos conditions de travail se sont détériorées", a-t-elle encore dit, avant d'exposer sur "quelles valeurs" et quelle "méthode" elle entendait appuyer son action.

Les valeurs sont "autorité", "sanction proportionnée", mais aussi "prévention et éducation"..., la méthode "l'écoute, le dialogue, la sollicitation des professionnels...".

Mme Taubira a insisté sur la "réflexion" à mener dans divers secteurs, notamment sur les Centres éducatifs fermés (CEF), structures accueillant des mineurs délinquants récidivistes et dont François Hollande avait dit durant la campagne vouloir doubler le nombre, les faisant passer à 80 pendant son quinquennat.

"Le président a pris des engagements, mais aussi un engagement plus fort, qui est la concertation, l'évaluation, le dialogue", a souligné la ministre, en réponse à une question de la salle.

L'annonce du candidat Hollande à propos des CEF avait été fraîchement accueillie par les professionnels de la justice des mineurs, qui demandent plutôt une augmentation des moyens alloués aux structures d'accueil en milieu ouvert des adolescents en difficulté.

Les juges des enfants s'étaient en revanche réjouis sans réserve de son projet de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, symbole selon eux de la défiance de Nicolas Sarkozy à leur égard.

Ils avaient donc salué la confirmation par Mme Taubira, lors d'une précédente visite au palais de justice de Paris, le 20 mai, de son intention de mener à bien cet engagement.

Les déclarations de la ministre, trois jours après son entrée en fonction, avaient en revanche immédiatement provoqué une salve de critiques violentes de la part de la droite, qui avait crié au "retour de l'angélisme" et au "laxisme".

Instaurés par une loi d'août 2011 et fonctionnant depuis janvier dernier, les tribunaux correctionnels pour mineurs sont composés de trois juges professionnels et jugent les récidivistes de 16 à 18 ans encourant une peine égale ou supérieure à trois ans de prison.

Auparavant, ces jeunes comparaissaient, comme les autres mineurs, devant un tribunal pour enfants composé d'un juge des enfants et de deux assesseurs citoyens ayant une expérience des questions liées à l'enfance.

"Les attaques à votre encontre ont été inacceptables, médiocres", a dit samedi à la ministre Catherine Sultan, présidente de l'AFMJF.

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