Castorama fermera le dimanche, mais pas tout de suite

Le syndicat Force Ouvrière de l'enseigne de bricolage réclamait la fermeture de plusieurs magasins de Seine-Saint-Denis le dimanche, comme le veut la loi. Le tribunal a décidé vendredi d'accorder un délai de trois mois à la direction.

(Maxppp)

A Villemomble et Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis, si le bricoleur qui sommeille en vous se réveille un dimanche, vous trouverez des magasins Castorama ouverts, et 80 employés pour les faire fonctionner. Ceci sans aucune autorisation de la préfecture. C'est pourtant une obligation. D'où la plainte déposée par le syndicat Force Ouvrière examinée par la justice.

Le tribunal de grande instance de Bobigny a décidé vendredi accorder à la direction de l'enseigne un délai de trois mois pour se mettre aux normes. Passé le 15 mars, l'astreinte s'élèvera à 1.800 euros par jour et par salarié.

 

L'avocat de FO, Me Nicolas Bordaçahar, a réagi en évoquant "le trouble que représente cette ouverture le dimanche ". Un malaise qui n'est visiblement par ressenti par l'ensemble du personnel : une centaine de salariés qui assistaient à l'audience ont déployé deux banderoles devant le tribunal. On pouvait y lire : "Laissez-nous travailler le dimanche".

"Force Ouvrière se trompe de cible" (Florian Vadez, salarié de Castorama)

Florian Vadez, employé du groupe depuis quatre ans, considère que le syndicat "se trompe de cible ". "Nous sommes payés plus cher le dimanche, et pour certains c'est une rentrée d'argent très importante. "

 

En octobre dernier, c'est le concurrent Bricorama qui a été condamné pour la même raison par la cour d'appel de Versailles. Depuis, cette autre enseigne de bricolage a décidé d'assigné en référé huit magasins Castorama et douze Leroy Merlin de région parisienne pour les obliger à leur tour à respecter la loi.