AZF: la plaidoirie de l'avocat de Total

L'avocat de Total a nié jeudi au procès AZF toute responsabilité de la maison mère du groupe dans l'explosion de l'usine

L\'arrivée de Thierry Desmarets pour son audition à Toulouse devant le tribunal qui gère l\'affaire AZF
L'arrivée de Thierry Desmarets pour son audition à Toulouse devant le tribunal qui gère l'affaire AZF (© AFP PHOTO / PASCAL PAVANI)
L'avocat de Total a nié jeudi au procès AZF toute responsabilité de la maison mère du groupe dans l'explosion de l'usineL'avocat de Total a nié jeudi au procès AZF toute responsabilité de la maison mère du groupe dans l'explosion de l'usine

Me Jean Veil, avocat à la fois de la compagnie pétrolière et de son ex-PDG, Thierry Desmarets, s'est par ailleurs insurgé contre "l'image donnée par la presse d'entreprise de déni et arrogante" en ce qui concerne le groupe pétrolier.

Le parquet avait requis mercredi les peines maximales prévues par la loi, trois ans de prison, mais avec sursis, et 45.000 euros d'amende contre l'ex-directeur de l'usine AZF Serge Biechlin, et une amende de 225.000 euros contre la société propriétaire, Grande Paroisse (groupe Total).

Mais le procureur avait estimé "irrecevables" les citations directes de certaines parties civiles contre la maison mère Total et Thierry Desmarest dans cette affaire. L'explosion de l'usine AZF de Toulouse a coûté la vie à 31 personnes et provoqué des milliers de blessés. Me Veil a plaidé pour cette irrecevabilité en notant que "le refus des juges d'instruction de mettre en examen Total et M. Desmarest valait un non-lieu implicite", et il a souligné "qu'on ne juge pas quelqu'un deux fois".

Sur le fond, Me Veil a assuré que Total "n'était pas l'exploitant" de l'usine et a souligné que "l'implication de M. Desmarest" notamment pour faciliter l'indemnisation des victimes ne pouvait être retenue contre lui. Il a par ailleurs récusé l'accusation de parties civiles selon laquelle Total serait coupable "d'instigation ou provocation à faire des économies sur la sécurité de l'usine de Grande Paroisse".
"Il n'y a pas de charges contre Total, quant à M. Desmarest, même les parties civiles ont compris qu'on ne pouvait rien trouver contre lui", a-t-il estimé.

"Je ne voudrais pas rester sur l'image donnée par la presse d'une entreprise de déni et arrogante", a conclu l'avocat. "Est-on un bon justiciable quand on avoue des fautes que l'on n'a pas commises, et si on est fier de travailler pour une entreprise doit-on être qualifié d'arrogant ?", a-t-il demandé. "L'action de Thierry Desmarest a fait qu'il reste en France un grand groupe pétrolier. (...) Son départ du poste de PDG à 62 ans alors qu'il n'y était pas obligé c'est de la responsabilité, pas de l'arrogance", a-t-il ajouté. "Je plaide pour que les Français comprennent que ces grandes entreprises leur appartiennent (...) qu'elles sont au service de la nation", a-t-il déclaré.

"'Soyez contents d'avoir de grandes entreprises, il ne faut pas les toucher!', C'est un chantage qui n'est pas recevable", a réagi, en marge, de l'audience Me Stella Bisseuil, avocate de "l'association de familles endeuillées" qui met Total en cause, .

La défense a la parole jusqu'au 29 juin. Le tribunal ne se prononcera sur la responsabilité pénale de Total et de son ex-PDG qu'en rendant son jugement sur M. Biechlin et Grande Paroisse. Ce sera le 19 novembre, selon la défense.