Attaques au marteau à Dijon et Chalon-sur-Saône : que disent les messages de revendication du "commando" ?

Le quotidien régional "Le Bien public" a reçu plusieurs messages d'un groupe disant vouloir lutter "contre l'islamisation" de la France. 

Extrait d\'une caméra de vidéosurveillance lors de l\'une des agressions au marteau à Chalon-sur-Saône, le 15 septembre 2017.
Extrait d'une caméra de vidéosurveillance lors de l'une des agressions au marteau à Chalon-sur-Saône, le 15 septembre 2017. (MAXPPP)
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Qui se cache derrière le "CDPPF" ? Un mystérieux groupe, autoproclamé "commando de défense du peuple et de la patrie française", a envoyé plusieurs messages de revendication au Bien public, un mois et demi après des agressions au marteau à Dijon (Côte-d'Or) et Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), qui ont causé des blessures légères. Les enquêtes sur ces attaques ont été regroupées mercredi 8 novembre et confiées au parquet de Chalon.

Revendication opportuniste ou réelle ? Les autorités judiciaires sont prudentes. Voici ce qu'il faut retenir de ces messages.

Le groupe revendique les attaques

Dans un premier message audio envoyé à la rédaction du Bien public le 2 novembre, le "CDPPF" revendique les trois agressions au marteau à Dijon le 26 septembre. Le groupuscule affirme que ces attaques "sur le site de l'université de Bourgogne (...) au cœur de l'un des symboles du multiculturalisme, marquent l'acte de naissance de [son] mouvement". L'enregistrement ajoute que les victimes ont été "choisies" en raison, notamment, de leur voile ou de leur couleur de peau, des éléments qui coïncident avec les faits.

Le lendemain, le journal reçoit un deuxième message, un mail cette fois-ci, de la part du même groupe. Ce dernier revendique également les deux agressions au marteau à Chalon-sur-Saône, qui se sont déroulées le 15 septembre, dont l'une au cri d'"Allah Akbar". Le "commando" justifie ce cri par la nécessité "d'aiguiller les enquêteurs sur une fausse piste". Et dit vouloir lutter "contre l'islamisation" de la France.

Il se réclame d'Anders Breivik

Dans ce deuxième message, le fameux "CDPPF" revendique une filiation avec Anders Behring Breivik, l’auteur de la tuerie de masse en Norvège qui a causé la mort de 77 personnes en 2011 sur l’île d’Utoya. Le terroriste d’extrême droite avait lui aussi déclaré avoir agi pour empêcher "l’islamisation" de son pays. Le groupe "fait également part de son intention de passer une nouvelle fois à l'acte", selon le quotidien régional.

Il menace l'association SOS Racisme

Dans deux nouveaux mails reçus le 7 novembre par le Bien public, le "commando" s’en prend très violemment à l’association SOS Racisme, qui a annoncé avoir saisi le procureur de la République de Dijon dans cette affaire. "Comme c'est mignon, ils croient nous faire peur ces Bisounours (…) Ils ne semblent pas avoir compris que ce dépôt de plainte serait synonyme de reconnaissance pour nous ?" raille l'auteur des mails, proférant aussi des menaces de mort envers les membres de l’association.

Il demande la libération de huit "collègues" et de leur chef, Logan Alexandre Nisin

Dans l'un de ces deux mails, l'auteur exige la libération de huit "collègues" arrêtés au début du mois d'octobre et de leur "chef" Logan Alexandre Nisin, interpellé en juin. Il demande "l'abandon des poursuites à leur encontre". Pour rappel, ce groupe d'extrême droite radicale est soupçonné d’avoir envisagé des actions violentes visant notamment des hommes politiques ou des mosquées.

Il menace d'agir lors du match DFCO-Troyes

Si sa demande n’est pas suivie d’effets, le "commando" prévient : "Nous frapperons le prochain grand événement ayant lieu à Dijon, à savoir le match de Première division Dijon FCO- Espérance Sportive Troyes Aube Champagne (ESTAC)." La rencontre est prévue le 18 novembre à 20 heures.