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Atangana de retour en France après 17 ans de prison au Cameroun

Michel Thierry Atangana, qui a passé 17 ans de prison "en isolement" au Cameroun, a retrouvé sa famille ce vendredi matin à l'aéroport parisien de Roissy. Accusé de détournement de fonds, il a toujours nié. A son arrivée, il s'est avoué "extrêmement usé" mais reconnaissant d'être enfin libre.
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Radio France
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  (Maxppp)

"Je suis extrêmement usé. Le choc est un choc que vous ne pouvez pas imaginer ". Les premiers mots de Michel Thierry Atangana à son arrivée à Roissy, tôt ce vendredi matin, ont été pour dire sa fatigue. La fatigue de 17 ans de détentions dans des conditions difficiles, à l'isolement, pour des faits qu'il a toujours nié.

A 49 ans, ce Français d'origine camerounaise, envoyé dans ce pays par son employeur, a été accusé de détournement de fonds. Il aurait été proche d'un opposant politique au président Paul Biya. Condamné à 15 ans de prison en 1995, puis à nouveau à 20 ans en 2012, les conditions de ses procès ont été jugées "scandaleuses " par sa défense qui s'indigne de deux condamnations pour les mêmes faits.

"Je l'ai presque vu pour la première fois", Eric, 23 ans, fils de Michel Atangana

Alors qu'il a toujours nié les faits, il a subi une détention très dure : "Il était à l'isolement dans une pièce qui était trop petite pour lui. Il ne pouvait pas se tenir debout, au sens propre comme au sens figuré. Et ce calvaire a duré 17 ans ", a précisé à la presse l'un de ses avocats Me Eric Dupond-Moretti. L'affaire a pris une tournure diplomatique quand François Hollande a jugé la durée de cette détention "inadmissible " et que le Haut commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU en dénonçait les "conditions inhumaines ". Sa remise en liberté a fait suite à un décret de remises de peines collectives.

Ce matin, ses proches ont vu débarquer de l'avion en un homme grand, en costume bleu sombre, les traits tirés et visiblement ému : "Je l'ai quasiment vu pour la première fois de ma vie aujourd'hui ", a
confié à la presse son fils Eric, 23 ans. "Je dois me retrouver intérieurement pour m'exprimer en homme libre ", a lâché Michel Atangana, peu bavard. "Je veux juste dire merci ce matin ".

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