Anouar Kbibech du CFCM : "Nous sommes tous des catholiques de France !"

Le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, a apporté son soutien aux catholiques au lendemain de l'attentat dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen.

(Anouar Kbibech du CFCM rappelle que la radicalisation se passe souvent sur internet et non dans les mosquées © MaxPPP)

Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a souhaité exprimer mercredi sur France Info sa solidarité aux catholiques après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, qui a fait un mort, le prêtre Jacques Hamel, et un blessé grave. 

"La journée de vendredi [NDRL de prière] sera l'occasion d'exprimer notre solidarité et de transmettre toutes nos condoléances et notre compassion à nos compatriotes de confession catholique.(…) Aujourd'hui, je le dis du fond du cœur, nous sommes tous des catholiques de France ! "

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"Libération inquiétante de la parole islamophobe"

Selon lui les musulmans de France sont doublement touchés par cet attentat : "D'abord touchés, en tant que citoyens français qui partagent les mêmes joies et les mêmes malheurs que leurs compatriotes, et également touchés parce que ces acte barbares de terrorisme sont commis prétendument au nom de leur religion qui est l'islam et qui est à des années lumières de ces actes ", a-t-il précisé.

"Nous le constatons sur les réseaux sociaux, il y a une libération très inquiétante de la parole islamophobe. Il y a des appels aux meurtres contre les musulmans. L'inquiétude est grandissante. "

"Grande vigilance" dans les mosquées

Anouar Kbibech a précisé que les musulmans prenaient leur part dans la lutte contre la radicalisation : "Dans les 2.500 mosquées ou lieux de culte musulman, il y a une très grande vigilance et une vraie mobilisation des musulmans de France. S'il y avait un comportement agressif et ou appelant à la violence ou au terrorisme, les musulmans de France en tant que citoyens responsables feraient le nécessaire ", a-t-il affirmé.

Mais le président du CFCM a précisé que l'ensemble des cas de radicalisation ne passent pas forcement dans les mosquées : "Les cas de radicalisation que nous avons constaté sont plutôt des cas isolés qui se passent sur les réseaux sociaux. Il faut mettre en place un vrai plan de prévention de la radicalisation en 'armant' nos imams, nos aumôniers, ceux qui opèrent en milieu pénitentiaire pour leur donner les outils et l'argumentaire théologique pour qu'ils puissent démonter tous ces discours djihadistes. "

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"La fraternité s'impose à nous tous", Anouar Kbibech, président du CFCM
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