Alain Penin, itinéraire d'un récidiviste

Accusé d'avoir violé puis tué Natacha Mougel, Alain Penin s'en était déjà pris à une joggeuse, dans les mêmes conditions, en 2004. A l'occasion de l'ouverture de son procès aux assises, francetv info revient sur le parcours de ce récidiviste.

Portrait non daté d\'Alain Penin, 39 ans, accusé d\'avoir enlevé, agressé sexuellement et tué Natacha Pougel, une jeune joggeuse, le 5 septembre 2010.
Portrait non daté d'Alain Penin, 39 ans, accusé d'avoir enlevé, agressé sexuellement et tué Natacha Pougel, une jeune joggeuse, le 5 septembre 2010. (DENIS CHARLET / AFP)

Son cas avait relancé le débat sur la lutte contre la récidive. Alain Penin, le meurtrier présumé de Natacha Mougel, est jugé à partir du lundi 20 janvier aux assises du Nord.

L'homme encourt la perpétuité pour le meurtre de cette joggeuse de 29 ans, agressée sexuellement et tuée en septembre 2010 à Marcq-en-Barœul. Alain Penin s'en était déjà pris à une première femme en 2004 et avait été libéré seulement un an avant cette nouvelle agression.

Francetv info revient sur le parcours de ce récidiviste.

2004 : le premier viol

Elevé dans une famille modeste du Pas-de-Calais, Alain Penin est "aux prises avec ses pulsions" depuis une vingtaine d'années, racontait son avocat à 20 Minutes. Mis à part une unique relation amoureuse en 2003-2004, Alain Penin est semble-t-il régulièrement confronté à ses désirs : "Ça me prend, j'ai besoin d'une femme, je ne sais pas comment résister", confie-t-il à son conseil, explique France 3 Nord-Pas-de-Calais.

Après une condamnation pour consommation de cannabis en 2003, Alain Penin s'en prend, le 20 mai 2004 à Suresnes (Hauts-de-Seine), à une jeune femme, Sylvia Peromingo, pendant qu'elle fait son jogging.

Violée sous la menace d'un couteau, elle parvient tout de même à s'en sortir. "Je sentais bien que si je faisais la moindre petite erreur, j'y passais", raconte-t-elle à France 3. Sylvia parle à son agresseur et parvient à le convaincre de ressortir du fossé où il l'a poussée : "Je lui disais 'ne t'en fais pas, je ne vais pas m'échapper'."

NATHALIE PEREZ et AMELIE DELLOYE - FRANCE 3

2009 : la libération conditionnelle

Alain Penin est alors arrêté et condamné en février 2006 par les assises des Hauts-de-Seine à dix ans de réclusion criminelle. Il ressort en septembre 2009 après cinq ans de détention à la faveur d'une libération conditionnelle, obtenue grâce à sa conduite exemplaire en prison.

L'homme semble se tenir tranquille. Hébergé dans des foyers de réinsertion à Tourcoing, il se met à travailler à la plateforme départementale des Restos du Cœur. "C'est quelqu'un qui avait son caractère, qui pouvait parfois être un peu agressif mais on n'a jamais eu de problème avec lui", assurait son directeur en 2010 à La Voix du Nord.

Sauf que les pulsions d'Alain Penin sont toujours là. Il s'est acheté un ordinateur, poste des annonces sur des sites de rencontres et se vante d'avoir la plus grosse collection de vidéos pornographiques du foyer où il réside, rappelle France 3 Nord-Pas-de-Calais.

2010 : la récidive

Le 5 septembre 2010, il récidive, dans les mêmes conditions que son premier viol. Alain Penin agresse Natacha Mougel alors qu'elle fait un jogging à Marcq-en-Barœul. Repéré grâce à sa voiture, l'homme conduit le lendemain les enquêteurs au corps de la jeune femme de 29 ans. Sa dépouille est marquée d'une centaine de coups de tournevis.

L'affaire fait à l'époque polémique jusqu'au plus haut sommet de l'Etat : Nicolas Sarkozy reçoit les parents de Natacha Mougel. Trois ans après les faits, leur colère est intacte. "On a laissé partir [Alain Penin] parce qu'on a dit 'on verra bien', estime sa mère, interrogée par France 2. Le doute a profité à l'assassin, mais pas à la victime." L'avocat du meurtrier présumé, lui, souhaite à tout prix éviter que le procès ne se transforme en mise en accusation de la liberté conditionnelle.