Affaire Toscan du Plantier : l'Irlande s'oppose à l'extradition du principal suspect

Jamais inculpé en Irlande, Ian Bailey, soupçonné dans le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, ne sera pas extradé vers la France pour être entendu par les autorités.

Ian Bailey arrive avec sa compagne à la Cour suprême irlandaise, à Dublin, le 1er mars 2012.
Ian Bailey arrive avec sa compagne à la Cour suprême irlandaise, à Dublin, le 1er mars 2012. (PETER MUHLY / AFP)

La Cour suprême irlandaise s'est opposée jeudi 1er mars à l'extradition vers la France du Britannique Ian Bailey, que la justice française voulait interroger dans l'affaire du meurtre de Sophie Toscan du Plantier en Irlande, en décembre 1996. La plus haute instance judiciaire irlandaise, qui examinait l'appel formé par le Britannique contre son extradition, a justifié son choix par le fait qu'aucune décision en France n'a été prise pour "engager un procès"contre l'homme de 55 ans, soupçonné d'avoir tué l'épouse du producteur Daniel Toscan du Plantier. 

Ian Bailey s'est dit "soulagé que cela soit terminé", affirmant avoir vécu "un enfer absolu" depuis plus de quinze ans.

La mère de la victime, Marguerite Bouniol, faisait part mercredi, dans un entretien au Figaro, de son souhait que Ian Bailey "soit extradé et conduit auprès du juge d'instruction parisien (…) pour être entendu et écroué". "Ensuite, nous espérons un procès. (…) Cela fera bientôt seize ans que nous attendons une mise en examen du suspect."

Jamais inculpé en Irlande

La Française Sophie Toscan du Plantier, 39 ans, avait été retrouvée assassinée au matin du 23 décembre 1996 près de sa maison isolée de Schull, un village de la côte sud-ouest de l'Irlande où elle était venue passer quelques jours avant Noël. L'épouse du producteur de cinéma Daniel Toscan du Plantier, aujourd'hui décédé, avait été frappée à la tête à coups de parpaing. Journaliste pigiste résidant à quelques kilomètres de la maison de la victime, Ian Bailey avait rapidement éveillé les soupçons des policiers, en raison notamment de sa présence tôt sur les lieux du crime et du témoignage d'une voisine, qui s'est ensuite rétractée.

A deux reprises, en 1997 et 1998, il a été arrêté par la police irlandaise à propos de l'affaire, et placé en garde à vue, puis relâché. Le procureur général d'Irlande avait décidé qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour le poursuivre. Ian Bailey clame son innocence depuis plus de quinze ans.