Affaire Tapie : le juge arbitre Pierre Estoup mis en examen pour escroquerie en bande organisée

Il est l'un des trois juges du tribunal arbitral qui avait décidé d'octroyer 403 millions d'euros à Bernard Tapie, dans le litige l'opposant au Crédit Lyonnais. Pierre Estoup, 86 ans, ancien président de la cour d'appel de Versailles, a été mis en examen après une garde à vue médicalisée à l'Hôtel-Dieu.

(John Schults Reuters)

Coup de tonnerre dans l'affaire bernard Tapie - Crédit Lyonnais. Pierre Estoup, ancien président de la cour d'appel de Versailles, a été mis en examen mercredi soir, pour "escroquerie en bande organisée". Après trois jours de garde à vue médicalisée, eu égard à son grand âge - 86 ans.

Pierre Estoup est l'un des trois juges du tribunal arbitral qui avait décidé d'octroyer, en 2008, plus de 400 millions d'euros (403 millions exactement) à Bernard Tapie. Les enquêteurs le soupçonnaient d'avoir eu des liens profesionnels anciens avec l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne.

Interrogé depuis lundi par la brigade financière, puis par trois juges du pôle financier de Paris, les accusations sont devenues plus graves : Pierre Estoup est désormais soupçonné d'être intervenu, avec d'autres, pour favoriser la remise d'une forte somme d'argent à Bernard Tapie, via l'arbitrage.

Concerné au premier chef, Bernard Tapie parle d'une mise en examen "incompréhensible" . Et d'enfoncer le clou : "Il y a forcément dans ce dossier des choses que j'ignore pour que les motifs de la mise en examen soient si graves. Escroquerie en bande organisée, cela veut dire que c'est très grave."

La déflagration va retentir au plus haut niveau de l'Etat, ne manque pas d'attaquer François Bayrou. Pour le patron du MoDem, invité de France Info, l'Elysée ne pouvait pas ne pas être au courant, vu la somme dépensée. "On a installé au coeur de l'Etat une manoeuvre pour détourner l'argent public" , martèle François Bayrou.

L'histoire a connu une accélération retentissante depuis quelques jours. D'abord avec l'audition de Christine Lagarde par la Cour de justice de la République, puis avec les gardes à vue de l'avocat de Bernard Tapie et de Pierer Estoup ; et enfin avec l'annonce que l'Etat se porterait partie civile, sans doute dès la semaine prochaine.