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Affaire Méric : la dissolution des groupuscules, une fausse bonne idée ?

Depuis la mort et l'agression dont a été victime Clément Méric, un militant antifasciste de 18 ans, de nombreux politiques demandent la dissolution des groupuscules extrémistes. L'auteur présumé du coup porté à l'étudiant et ses présumés complices sont proches des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), un groupuscule composé d'une trentaine de skinheads.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Christophe Petit Tesson Maxppp)

Manuel
Valls, le ministre de l'Intérieur, a aussitôt exprimé sa "totale
détermination à éradiquer cette violence qui porte la marque de l'extrême
droite"
. Jean-Marc Ayrault a lui aussi déclaré vouloir "tailler en
pièces"
ces groupes d'extrême droite. Autrement dit : dissoudre ces
groupuscules
qui sont déclarés en association ou qui n'ont aucun statut légal.

Le
dispositif législatif existant l'autorise pourtant. L'article L212-1 du Code de
la sécurité intérieure
permet en effet de dissoudre, par décret en Conseil des
ministres, "toutes les associations ou groupements de fait" qui,
notamment, "provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence
envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de
leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une
race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à
justifier ou encourager cette discrimination"

GUD, Bloc identitaire, Printemps français

L'idée de
dissoudre ces groupes est souvent formulée, notamment dans le domaine du
football et des groupuscules de supporters, mais aussi plus récemment lors des
dernières manifestations contre le mariage pour tous. Fin mai, le ministre de l'Intérieur
Manuel Valls avait annoncé sur l'antenne de France Info qu'il souhaitait
dissoudre le Printemps français
. D'autres voix s'étaient élevées pour demander
la dissolution du Bloc identitaire et du GUD, le Groupe union défense, une
organisation étudiante d'extrême droite.

Pour
Stéphane François, chargé de recherche CNRS spécialiste des droites radicales, "ces
dissolutions ne servent à rien. (...) Dans les prochains mois, le groupe va se
reformer sous un autre nom, les membres du groupe vont se retrouver dans la
nature et sont beaucoup plus difficiles à surveiller".

Surveillance stricte

L'exemple
le plus parlant est probablement celui de Maxime Brunerie et du Bloc Identitaire.
Le 14 juillet 2002, le militant néonazi avait tenté d'assassiner le président
de la République de l'époque, Jacques Chirac. Le jeune homme était alors proche
du groupuscule Unité radicale. Dissous aussitôt après la tentative d'assassinat,
Unité radicale devient le Bloc identitaire en avril 2003, un parti politique
aujourd'hui présidé par Fabrice Robert, ancien élu du Front national.

Pour lutter
contre ces groupuscules, mieux vaut pouvoir les identifier, estime Stéphane François,
qui prône***"la méthode allemande : laisser [ces groupes] en liberté,
mais sous une surveillance stricte et compétente".
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