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Affaire du "faux Jean-Yves Le Drian" : deux escrocs condamnés en appel à 7 et 10 ans de prison

Les deux hommes étaient jugés en appel pour s'être fait passer pour le ministre afin de voler des dizaines de milliers d'euros à des personnalités fortunées.

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France Télévisions
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Un dessin d'audience du 4 février 2020 représentant Gilbert Chikli (à droite) et Anthony Lasarevitsch (à gauche) durant leur procès, à Paris. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Deux hommes, soupçonnés de s'être fait passer pour le ministre Jean-Yves Le Drian auprès de riches personnalités afin de subtiliser des dizaines de milliers d'euros, ont été condamnés mercredi 9 septembre en appel à Paris à sept et dix ans de prison. La peine de Gilbert Chikli, 55 ans, a été réduite d'un an par rapport à sa condamnation en première instance. Celle d'Anthony Lasarevitsch, 36 ans, est identique à celle prononcée en mars, les deux peines étant aussi assorties d'une période de sûreté des deux tiers.

La cour d'appel de Paris a considéré que les deux prévenus, qui n'étaient pas présents dans le box mercredi matin, étaient bien les cerveaux d'une vaste escroquerie mise en œuvre entre 2015 et 2017. La cour a aussi confirmé le montant des dommages et intérêts de 44 millions et 10,6 millions d'euros pour les principales victimes, y ajoutant 15 000 euros au titre des frais de justice.

Les escrocs utilisaient un masque de Jean-Yves Le Drian

A l'époque, plus de 150 personnes et organisations – le roi du Maroc, les patrons de Total et Vinci, l'archevêque de Paris notamment – ont été contactées par un homme se présentant comme Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. Le faux ministre demandait, en urgence, une aide financière pour des opérations secrètes de l'État français, promettant un remboursement immédiat.

Pour convaincre, les escrocs utilisaient de faux mails, de faux documents et parfois un masque en silicone. L'homme d'affaires turc Inan Kirac et l'Aga Khan, chef spirituel des ismaéliens, y ont laissé plus de 50 millions d'euros.

Clamant haut et fort leur innocence, Chikli et Lasarevitsch avaient fait appel de leurs condamnations, tout comme le parquet. Rejugés en juin, ils ont reconnu pour la première fois avoir commencé à exécuter un projet d'arnaque similaire, en 2017 en Ukraine, qui aurait consisté à se faire passer pour le prince Albert II de Monaco. Mais ils ont maintenu être étrangers à l'affaire du "faux Le Drian", affirmant que la combine était connue et qu'une autre équipe avait fait le coup.

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