Affaire du chlordécone aux Antilles : le non-lieu requis par le parquet de Paris passe mal

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Affaire du chlordécone aux Antilles : le non-lieu requis par le parquet de Paris passe mal
Article rédigé par
J.-C. Batteria, P. Guény Guadeloupe la 1ère, Martinique la 1ère - France 3
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Le parquet de Paris a donc requis un non-lieu dans l'affaire du chlordécone, jeudi 24 novembre. Ce pesticide nocif, interdit en 1990 en métropole, a continué à être utilisé, pendant des années, en Martinique et en Guadeloupe.

Le chlordécone est un insecticide répandu aux Antilles dès 1972. Il doit lutter contre le charançon, un insecte qui prolifère dans les bananeraies des iles. Interdit à la fin des années 70 aux États-Unis, la substance reste autorisée aux Antilles jusqu’en 1993. D’après Santé Publique France, la population antillaise est contaminée à près de 90 % par la chlordécone. Le taux de cancer de la prostate y est deux fois supérieur à la moyenne mondiale. La pollution des sols serait toujours en cours et pour des décennies, selon les avocats des plaignants.

Des faits prescrits pour le parquet de Paris

Après des années d’enquête, le parquet de Paris a demandé, jeudi 24 novembre, un non-lieu pour l'empoisonnement à grande échelle. Selon lui, les faits sont prescrits. La colère et l’incompréhension règne à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) depuis l’annonce de la nouvelle. “Depuis le début nous nous heurtons à la résistance du ministère public qui ne souhaite pas que cette affaire puisse être instruite”, s’indigne Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre. Le juge d’instruction décide samedi 26 novembre s’il y a bien prescription.

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