IVG : "Ce n'est pas dans l'intérêt des femmes d'allonger le délai" pour avorter, estime un gynécologue

Le professeur Israël Nisan s'oppose au rallongement du délai de l'IVG de 12 à 14 semaines.

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Radio France
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Une plaquette de pillules abortives Mifegyne. (Photo d'illustration) (GARO / PHANIE)

"Ce n'est pas dans l'intérêt des femmes d'allonger le délai (de l'IVG) pour pouvoir leur donner des rendez-vous plus tardifs", estime lundi 29 novembre sur franceinfo l'ancien président du collège national des gynécologues et obstétriciens français Israël Nisan. Désormais professeur au CHU de Strasbourg, il dénonce une mauvaise décision pour la santé des femmes. "J'appelle les politiques à venir assister à une IVG tardive, ils ne tiendront pas deux minutes !" Israël Nisan demande plus de "moyens" pour permettre de "recevoir les femmes en urgence" et ainsi raccourcir le délai de l'IVG.

franceinfo : Pour quelles raisons vous opposez-vous au rallongement du délai de l'IVG de 12 à 14 semaines et demandez-vous son raccourcissement ?

Parce qu'une femme qui demande une IVG ne demande jamais une IVG tardive. Elle demande à ce qu'on la prenne en charge tout de suite. Quand on les prend en charge en urgence, comme on le fait à Strasbourg, il n'y a même pas 1% de femmes qui dépassent le délai. Ce sont soit des adolescentes qui ne connaissent pas leur corps, soit des femmes en déni de grossesse. Depuis 25 ans, nous n'avons jamais envoyé personne à l'étranger. Les femmes sont vues immédiatement et en urgence et les IVG sont faites tout de suite.

franceinfo : Que proposez-vous tout de même face à cette réalité de femmes qui avortent à l'étranger ?

Donnons-nous les moyens en gynécologie et orthogénie pour recevoir les femmes en urgence. C'est cela qu'elles demandent. Faire une IVG tardive, ce n'est pas bien pour la santé des femmes. J'appelle les politiques à venir assister à une IVG tardive, ils ne tiendront pas deux minutes ! Comment peuvent-ils décider, sans l'avis des médecins, de quelque chose qui est dangereux pour les femmes ? Au quatrième mois, le fœtus est ossifié et difficile à extraire. Quand on le fait chirurgicalement, il faut sortir le fœtus par morceaux. Quand on le fait par voie médicale, c'est un enfant qui est visible. C'est difficile pour les femmes et il y a beaucoup plus de complications à la fin du quatrième mois qu'à la fin du troisième mois. Ce n'est pas dans l'intérêt des femmes d'allonger le délai pour pouvoir leur donner des rendez-vous plus tardifs.

Que fait-on des 5% de femmes qui sont hors délai ?

Il n'y a pas 5% de femmes qui sont hors délai, il y en a moins de 1%. Il y en a 5% quand on fait comme à Paris des rendez-vous à quatre semaines, ce qui est scandaleux ! Je prétends que, quand on prend les femmes tout de suite dès qu'elles le demandent, il y a beaucoup moins de femmes et celles qui restent, il faut les faire en France, sans les envoyer à l'étranger. Nous avons une loi pour cela qui existe depuis 1975 et qui autorise sans limitation de délai de prendre les femmes en charge.

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