Avortement : le droit des femmes est-il en danger ?

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Avortement : le droit des femmes est-il en danger ?
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Face au projet de la Cour suprême américaine de laisser libre choix aux États sur l'avortement, l'inquiétude grandit concernant le droit des femmes. Une tendance négative qui n'a fait que se confirmer depuis quelques années.

L'annonce de la remise en cause de l'arrêt permettant aux femmes d'avorter crée une véritable onde de choc aux États-Unis. "C’est une onde de choc pour les droits des femmes à disposer librement de leur corps. En revanche, ce n’est pas réellement une surprise en raison de cette lame de fond conservatrice qui est à l'œuvre et qui a été accentuée sous la présidence de Donald Trump. Ce qui est intéressant, c'est le décalage entre cette interprétation originaliste de la constitution et le décalage avec l’opinion publique américaine, qui est majoritairement favorable au droit à l’avortement", explique Amandine Clavaud, directrice de l'Observatoire égalité femmes-hommes à la fondation Jean-Jaurès, sur le plateau du 23 Heures de franceinfo.

Une fracture sociale, également, pour les femmes les plus pauvres : "Lorsqu'une femme ne veut pas poursuivre une grossesse, elle mettra tout en œuvre pour ne pas la poursuivre. Ce que l'on constate dans les chiffres, c’est que ce sont les femmes afro-américaines qui seront principalement touchées. Le taux de mortalité maternelle est trois fois supérieur par rapport aux femmes blanches aux États-Unis."

MeToo, un effet de courte durée

Ces attaques contre le droit des femmes se sont particulièrement accumulées ces dernières années. "Aux États-Unis, le droit à IVG est déjà très compliqué. L'année 2021 a été dévastatrice pout le droit à l'avortement. Il y a eu plus de 97 restrictions qui ont été adoptées dans 19 États. Aujourd'hui, aux États-Unis, il y a seulement 16 États qui permettent le droit à l'avortement sans restriction. Et plus globalement au niveau international, on voit des attaques répétées, qui ont été accentuées avec la crise sanitaire en Europe, comme en Pologne et en Slovaquie, où des projets de loi ont été passés", souligne-t-elle.

Un paradoxe puisque l’émergence du mouvement MeToo laissait penser que le droit des femmes allait être davantage défendu. "On constate une régression très forte au niveau international, appuyée par les conservateurs et les lobbys religieux", constate Amandine Clavaud.

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