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Inceste et viols sur mineurs : faut-il rendre ces crimes imprescriptibles ?

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 3 min.
Inceste et viols sur mineurs : faut-il rendre ces crimes imprescriptibles ?
France 3
Article rédigé par
N. Nahon, N. Perez, T. Cuny, J. Vitaline, H. Puffeney, J-M. Nouk-Nouk, J-P. Magnaudet, M. Renier, Z. Berkous, L. Poinsatte - France 3
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À la suite des accusations d'inceste visant le politologue Olivier Duhamel, la question est une nouvelle fois revenue : faut-il rendre de tels crimes imprescriptibles ?

Anne Lucie Viscardi dit avoir été violée par son père entre ses 4 et ses 12 ans. Mais elle n'aura jamais le droit à un procès, son affaire étant prescrite. Elle n'a réussi à parler de ses viols qu'à l'âge de 46 ans, car elle a été victime d'une amnésie traumatique. "Je l'ai occulté pendant plusieurs années : au moment où je le vivais puis des années plus tard, puisque le cerveau se met en mode survie. Pour qu'on continue à avancer, il nous coupe de cette émotion insupportable", affirme Anne Lucie Viscardi.

Des associations réclament l'impressibilité

En 30 ans, la prise en compte de la parole des victimes a fait évoluer la législation. Entre 1989 et 2004, la prescription est passée de 10 à 20 ans, puis de 20 à 30 ans en 2018. Insuffisant, pour l'association Face à l'inceste, qui réclame l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, car, aujourd'hui, certains bourreaux ne sont jamais inquiétés. "Non seulement il ne va jamais rendre compte des actes qu'il a commis devant la justice, mais, deuxièmement, il peut continuer en toute impunité", estime Isabelle Aubry, présidente de l'association.

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