VIDÉO. Débat sur l'immigration : Yannick Jadot le juge "légitime", mais refuse "de sortir le migrant comme bouc émissaire de tous nos problèmes"

L'eurodéputé Yannick Jadot estime ce jeudi sur France Inter que si un débat sur l'immigration est "légitime", la manière dont Emmanuel Macron s'en saisit marque sa "capitulation politique". 

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

"Que le débat sur l’immigration soit légitime, c’est une évidence", indique sur France Inter jeudi 19 septembre Yannick Jadot, eurodéputé EELV. "Ce n’est pas la préoccupation majeure des Français, mais c’est un sujet, c’est évident", a-t-il ajouté, alors que lundi Emmanuel Macron a exhorté les parlementaires de sa majorité à regarder "en face" les enjeux de l'immigration.

Ce que je refuse, c’est que, quand on n’a pas résolu les fractures territoriales, quand on ne s’attaque pas aux fractures sociales, quand on ne s’attaque pas à la crise écologique, [c'est] d’un coup sortir le migrant comme l’explication de tout, le bouc émissaire de tous nos problèmes.

Yannick Jadot

à France Inter

Pour Yannick Jadot, le débat doit s'intéresser à "ces images Porte de la Chapelle [à Paris] ou dans les centre-villes, [où des] personnes vivent dans une inhumanité incroyable parce qu’ils sont laissés dans la rue, qu’ils sont malades alors que souvent ce sont des rescapés".

Une "capitulation politique"

Il s'est dit favorable à un débat "si c’est pour dire comment on loge les personnes aujourd’hui dans la rue, comment on valorise aujourd’hui les incroyables réussites de l’immigration, comment on fait qu’on ait, à l’échelle de l’Europe, un accueil digne des réfugiés". "Là, il est pris à l’envers : c’est une capitulation politique", a-t-il dénoncé. "C’est ce même président et ce même gouvernement qui aujourd’hui laissent les infirmiers, les policiers au front de la crise sociale, dénonce Yannick Jadot. C’est ce même président qui a supprimé les emplois aidés qui permettent dans certains quartiers de faire encore du lien social."

C’est ce même président qui a rejeté, méprisé le plan banlieue de Borloo qui permettait de mieux vivre dans ces quartiers et d’éviter d’en faire des ghettos, où il y a parfois du repli communautaire.

Yannick Jadot

à France Inter

Pour Yannick Jadot, "c’est triste mais Macron fait du Sarkozy" : "Sa politique, c’est d’ubériser, de précariser, de libéraliser. Sa stratégie électorale elle est explicite : c’est de dire "acceptez un vote de de résignation. Tout va mal, je renonce, je ne tiens pas ni mes promesses, ni mes engagements, mais ce sera toujours mieux que le Front national". Et bien, à un moment donné, cela c’est la victoire assurée du Front national", a-t-il regretté.

Yannick Jadot, sur France Inter, le 19 septembre 2019.
Yannick Jadot, sur France Inter, le 19 septembre 2019. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)