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Immigration : l'aide médicale de l'Etat présente des "enjeux de santé publique", répond François Braun aux LR qui veulent la limiter à un dispositif d'"urgence"

Le ministre de la Santé a également rappelé que l'AME représentait "0,5%, même un peu moins, de l'ensemble du budget de la Sécurité sociale".
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le ministre de la Santé, François Braun, le 3 mai 2023. (FRED DUGIT / MAXPPP)

Au sein du gouvernement, deux visions diffèrent. D'un côté, celle du ministre de la Santé, qui a rappelé, dimanche 28 mai sur RTL, que l'aide médicale de l'Etat (AME) présente des "enjeux de santé publique". De l'autre, celle du ministre de l'Intérieur, qui s'est dit prêt, dans une interview publiée samedi dans Le Parisien, à discuter, dans le cadre du futur projet de loi immigration, des modalités de ce dispositif qui couvre à 100% les frais médicaux et hospitaliers des étrangers en situation irrégulière présents en France depuis au moins trois mois, et que Les Républicains veulent limiter à une aide médicale d'urgence.

Interrogé sur ce sujet au "Grand Jury" RTL/LCI/Le Figaro, le ministre de la Santé a rappelé que l'AME représentait "0,5%, même un peu moins, de l'ensemble du budget de la Sécurité sociale", et souligné qu'elle présentait des enjeux "extrêmement forts qui sont des enjeux de santé publique".

Quant à la réduire à une aide médicale d'urgence, "ça veut dire quoi l'urgence, ça veut dire combien de temps ? Est-ce qu'on va soigner un diabète qui est déséquilibré et qu'on va laisser se déséquilibrer après ?" s'est interrogé François Braun. S'il y a "un nouveau Covid qui arrive chez des gens qui pourraient bénéficier de l'aide médicale d'Etat, on ne va pas les traiter (...) et on va laisser la maladie se développer ? Il faut une vision globale de santé publique", a-t-il insisté. Toutefois, il a jugé "anormal qu'il y ait des filières pour venir faire [en France] des soins qui peuvent être faits dans le pays d'origine de ces patients". "Donc un équilibre est à trouver", a estimé l'urgentiste.

Un titre de séjour pour pallier la pénurie de soignants

Toujours concernant la future loi immigration, le ministre affirme par ailleurs avoir "travaillé" avec Gérald Darmanin sur l'extension aux professions de santé du "passeport talent", jusque-là réservé aux chercheurs étrangers ayant un contrat avec une unité de recherche en France. "Je souhaite l'étendre dans un premier temps aux métiers [comme] les médecins, les chirurgiens-dentistes, les pharmaciens, les sages-femmes parce que c'est là que nous avons le manque le plus criant de professionnels", a-t-il expliqué.

La condition serait "un contrat avec un établissement" de santé, qui leur permettrait de venir en France et leur donnerait "treize mois pour leur laisser le temps de passer l'examen de validation des connaissances". La réussite à cet examen donnerait "un titre de séjour de quatre ans" qui leur permettrait "de faire venir leurs familles", a développé le ministre.

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