Avant la Marche des fiertés, rencontre avec Romain, un jeune homosexuel rejeté par sa famille : "Heureusement que tu n'es pas gay sinon ton père te renierait"

L'association SOS Homophobie note une hausse des actes LGBTphobes dans le milieu familial de +3% entre 2019 et 2020. franceinfo a recueilli le témoignage de Romain, 27 ans, dont les parents ont toujours rejeté l'homosexualité.

Article rédigé par
Manon Mella - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Romain a 27 ans, ses parents rejettent son homosexualité depuis toujours. (Manon Mella)

Samedi 26 juin à Paris a lieu la Marche des fiertés LGBT+. Une marche pour l'Égalité des droits et contre les discriminations, homophobes, biphobes et transphobes. Des discriminations qui peuvent commencer très tôt, au sein même de la famille. Dans son dernier rapport, l'association SOS Homophobie note ainsi une hausse des actes LGBTophobes dans le milieu familial de +3% en un an (13 % en 2020 contre 10 % en 2019).

Une situation que vit Romain, 27 ans. Ses parents refusent son homosexualité depuis toujours. Cela a débuté très tôt, d’abord du côté de sa mère, par des commentaires que cite le jeune homme : "Heureusement que tu n'es pas gay sinon ton père te renierait ... Il va dire que je t'ai élevé comme une fille ... Je n'aurai pas de petits-enfants ... Est-ce que tu es sûr quand même ? Tu n'as jamais essayé les filles, tu ne veux pas essayer ?"

Les mots blessants, le silence et les mensonges

Il y a les mots blessants mais aussi le silence, la peur du qu’en dira-t-on, et tous les mensonges qui vont avec. "Par exemple quand mes parents sont chez des amis, évoque Romain, si quelqu'un demande : 'Alors ton fils, il a une copine ?', ma mère va vite noyer le poisson et dire : 'Oh tu sais, ça va, ça vient...' Grandir avec ça, c'est assez pesant. Pour moi c'est devenu quelque chose d'énorme à porter et que je devais cacher."

Cacher son homosexualité alors que tout le monde sait, c’est aussi cacher ses rencontres et se priver de certains moments. "Pourquoi on ne ferait pas un repas de famille ?, demande le jeune homme, Pourquoi je ne pourrais pas débarquer à la maison et profiter de la piscine ? Des choses normales que la plupart des gens font..."

Et pour aller bien, pour avoir confiance en soi et en l’autre, quelques mots auraient suffi. "Il y a une phrase que j'aurais aimé entendre et qui aurait vraiment tout changé c'est : 'Je t'aime tel que tu es mon fils et vis ta vie'." Aujourd'hui, Romain n'en veut pas à ses parents, mais il leur pose simplement cette question : "Quand on vit dans le rejet et dans la haine, quel genre de vie on mène ?"

Le témoignage de Romain recueilli par Manon Mella.
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