"Ligue du LOL" : "Il y a des usages sur lesquels on ne peut plus continuer à fonctionner de façon anonyme", estime Mounir Mahjoubi

Le secrétaire d'État au Numérique et la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, présentent un plan d'action contre le harcèlement en ligne pour, notamment, responsabiliser les plate-formes qui hébergent des contenus malveillants.

Marlène Schiappa et Mounir Mahjoubi, sur les marches du palais de l\'Elysée, le 26 novembre 2018.
Marlène Schiappa et Mounir Mahjoubi, sur les marches du palais de l'Elysée, le 26 novembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État au Numérique, et Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, présentent jeudi 14 février un plan d'action contre le harcèlement en ligne, après le scandale de la "ligue du LOL". Il s'agit d'accélérer le retrait des contenus haineux qui circulent sur les plateformes, et de responsabiliser ces dernières, qui pourraient être dotées d'un nouveau statut.

"Aujourd'hui Twitter n'est pas à la hauteur"

"La solution ne passe pas seulement par le retrait de ces contenus par ces plateformes sous peine d'amende, il faut aussi aller à la base, commencer par l'éducation et la formation, ensuite faciliter la façon de signaler et de détecter ces contenus, et enfin il faut surveiller", a expliqué Mounir Mahjoubi, jeudi sur France Inter. "Si on veut lutter contre le harcèlement, les plateformes doivent mettre les moyens. Aujourd'hui, Twitter n'est pas à la hauteur", a-t-il estimé.

Le 18 janvier dernier, Emmanuel Macron s'était dit favorable à la levée de l'anonymat sur Internet. Sur France Inter, le secrétaire d'État a expliqué qu'il n'était pas question de mettre fin à l'anonymat sur internet, mais seulement le restreindre pour certains usages spécifiques : "Il y a des usages sur lesquels on ne peut plus continuer à fonctionner de façon anonyme. Par exemple, on ne va pas continuer à avoir des pétitions signées par des comptes anonymes (...), il faut qu'on puisse mettre en place un dispositif qui oblige les gens à s'authentifier, ça va donner plus de force aux consultations citoyennes."

Concernant le plan d'action qu'il présente aujourd'hui, le secrétaire d'État l'assure : "Il n'y a pas d'anonymat absolu [sur Internet] ! Et c'est ça qu'il faut qu'on facilite et qu'on protège [avec notre plan d'action] : la capacité à retrouver quand il y a l'action d'un juge ou d'une enquête et la capacité à protéger le reste du temps."

"Dans la loi [contre les propos haineux que Mounir Mahjoubi veut proposer en 2019], il y aura les dispositifs pour accélérer la levée de l'anonymat à chaque fois qu'une enquête est lancée et chaque fois qu'une enquête le demande." Pour Mounir Mahjoubi, puisque tout le monde est sur Internet, il faudra que ce dernier "ressemble à la vraie vie" : "Beaucoup de libertés mais aussi beaucoup de règles".