Femme tuée par son mari dans le Var : "Depuis de nombreuses années, la gendarmerie prend le problème des violences conjugales très au sérieux"

Thierry Guerrero, président de l'association professionnelle nationale de militaires (APNM) gendarmes et citoyens a réagi sur franceinfo après l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir tué son épouse à Vidauban samedi.

Un homme de 51 ans, en fuite depuis le 6 avril et principal suspect de l\'assassinat de sa femme à Vidauban dans le Var, a été interpellé aux Arcs lundi soir.
Un homme de 51 ans, en fuite depuis le 6 avril et principal suspect de l'assassinat de sa femme à Vidauban dans le Var, a été interpellé aux Arcs lundi soir. (PHILIPE ARNASSAN / MAXPPP)

"Depuis de nombreuses années, la gendarmerie prend le problème des violences [conjugales] très au sérieux", a déclaré mardi 9 avril sur franceinfo Thierry Guerrero, président de l'association professionnelle nationale de militaires (APNM) gendarmes et citoyens, après le placement en garde à vue pour assassinat d'un homme de 51 ans soupçonné d'avoir tué sa femme samedi soir à Vidauban (Var).

"Tous les gendarmes qu'ils soient déjà actifs ou qu'ils soient en formation ou en école sont sensibilisés à ces problèmes, a poursuivi Thierry Guerrero. On a régulièrement des campagnes, des rappels de la hiérarchie concernant ces faits-là. Par ailleurs, récemment, a été mis en place au sein de la gendarmerie ce qu'on appelle les 'intervenants social en gendarmerie' donc systématiquement quand on a affaire à ce genre de fait, on sollicite cet intervenant qui va directement entrer en relation avec la victime pour lui permettre de l'accompagner dans les démarches, la mettre en relation avec les différentes associations, faire le lien avec le parquet."

Antécédents judiciaires

"On note qu'il avait des antécédents avec une précédente compagne, il a utilisé une arme puis une seconde, donc effectivement il ne respecte pas les décisions judiciaires, note de son côté Françoise Brié, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes. "Dans cette situation, l'éloignement ferme de cet auteur de violences aurait été important. [La question est de savoir] comment est-ce qu'on peut ensuite assurer la sécurité des femmes en leur permettant de s'éloigner du domicile conjugal quand leur sécurité n'est pas assurée, ce qui était le cas dans cette situation ?"

"C'est épouvantable ce qu'il se passe, a renchéri Nathalie Tomasini, avocate, spécialiste des violences intrafamiliales. On n'a pas toujours pris la mesure de ce fléau et on n'a pas pris les mesures suffisantes pour protéger ces femmes et pour sanctionner ces hommes. Aujourd'hui encore en 2019 c'est très difficile de déposer plainte pour une femme et de se faire entendre", regrette-t-elle.

Le suspect a été interpellé lundi soir à l'issue d'une course-poursuite avec les gendarmes. Il faisait l'objet depuis une dizaine de jours d'un contrôle judiciaire pour un problème de violences conjugales et avait interdiction de se rendre au domicile conjugal, sauf pour l'exercice de son métier. Samedi, il est finalement revenu à son domicile et a menacé son épouse avec un couteau. Les gendarmes sont alors intervenus. Mais une heure plus tard, le suspect est revenu, cette fois avec une arme. Il a finalement tiré sur sa femme alors qu'elle quittait la maison. L'homme avait déjà été condamné en 2014 à de la prison avec sursis, là encore pour des violences conjugales commises lors d'une précédente union.