Woody Allen va publier ses mémoires, son fils Ronan Farrow scandalisé

Ronan Farrow annonce qu'il va quitter sa maison d'édition, qui va publier les mémoires du réalisateur accusé d'agressions sexuelles par Dylan Farrow.

Woody Allen participe à une conférence de presse, le 9 juillet 2019, à San Sebastian (Espagne).
Woody Allen participe à une conférence de presse, le 9 juillet 2019, à San Sebastian (Espagne). (ANDER GILLENEA / AFP)

Le fils de Woody Allen s'indigne. Le journaliste Ronan Farrow a violemment critiqué, mardi 3 mars, l'annonce de la publication prochaine des mémoires du réalisateur américain de 84 ans. Le trentenaire qui a, par ses enquêtes, contribué à mettre au jour les témoignages des victimes d'Harvey Weinstein a déclaré qu'il ne souhaitait pas partager la même maison d'édition que Woody Allen et qu'il quitterait donc le groupe Hachette.

"Hachette n'a pas procédé à des vérifications quant au contenu de ce livre", a affirmé le fils de Woody Allen, qui a pris ses distances depuis longtemps avec son père. Ronan Farrow soutient que l'éditeur n'a pas contacté sa sœur Dylan pour comparer sa version à celle de son père adoptif, Woody Allen, ce qui est, pour lui, "un manque fou de professionnalisme".

"Un manque de compassion pour les victimes"

Depuis le début du mouvement #MeToo en octobre 2017, Woody Allen a été rattrapé par les accusations d'agressions sexuelles lancées en 1992 par sa fille adoptive, Dylan Farrow, alors âgée de 7 ans. "Cela démontre un manque d'éthique et de compassion pour les victimes d'agressions sexuelles", dénonce Ronan Farrow.

Après deux enquêtes distinctes de plusieurs mois dans les années 90, le procureur du Connecticut en charge du dossier avait décidé de ne pas inculper le réalisateur. Il avait néanmoins déclaré publiquement toujours soupçonner Woody Allen, mais avoir renoncé pour éviter à Dylan le traumatisme d'un procès à spectacle. Soutenue par sa mère adoptive Mia Farrow et son frère Ronan, Dylan Farrow a renouvelé, début 2018, ses accusations, que Woody Allen a toujours réfutées.