Vidéo Violences sexuelles dans l'enseignement supérieur : Frédérique Vidal annonce un "plan global pour que la peur change de camp"

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"Les violences sexistes et sexuelles à l'université faisaient parties des sujets tabous", estime la ministre de l'Enseignement supérieur.

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, a annoncé sur franceinfo vendredi 15 ocotobre "un plan global de 7 millions d'euros pour que la peur change de camp". "Les choses vont changer", assure la ministre. Des mesures décidées après la révélation d'une centaine de faits de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols sur l'année universitaire 2020-2021, au sein de la prestigieuse école d'ingénieurs CentraleSupélec, à Paris.

"Les violences sexistes et sexuelles à l'université faisaient parties des sujets tabous", estime la ministre, qui précise que de nombreuses universités et écoles supérieures ont mis en place des cellules d'écoute, mais que celles-ci "étaient très peu utilisées".

Un "plan massif" de formation et de sensibilisation

Face à ce constat, le ministère de l'Enseignement supérieur, veut "franchir une nouvelle étape dans l'accompagnement des victimes, l'écoute et la prise en charge de toutes les situations". Ce plan s'organise autour de quatre axes et décline 21 mesures.

Le premier axe concerne un "plan massif" de formation et de sensibilisation de tous les acteurs de l'enseignement et la recherche, notamment "au recueil de la parole". "Un conseil disciplinaire [à l'université] sait gérer une fraude à un examen. Il ne sait pas gérer ce qu'il se passe pendant un week-end", selon Frédérique Vidal. Ce plan de formation démarre ce vendredi pour les premiers acteurs concernés. Les étudiants auront un module de formation en ligne, les présidences et directions d'établissement seront elles sensibilisées.

Les dispositifs de signalement seront également renforcés, grâce notamment à une cellule spécifique, "d'appui juridique" au sein du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, "pour accompagner [les victimes] à porter plainte". Une autre sera mise en place pour les étudiants en santé, en lien avec le ministère de la Santé. Un partenariat sera également engagé avec le 3919 et la Fédération nationale des Centres d'information sur les droits des familles et des familles (FNCIDFF) "pour multiplier les points de signalement et d'écoute". Enfin, un soutien financier sera mis en place pour les établissements souhaitant mettre en place des dispositifs spécifiques.

Une campagne sur la notion de consentement

Le ministère veut également renforcer sa communication. Il souhaite pour cela créer une plateforme qui recense tous les dispositifs de lutte contre les violences sexuelles et sexistes et améliorer la visibilité des dispositifs existants. Une campagne nationale sur la notion de consentement va aussi voir le jour.

Enfin, le plan national vise à valoriser les engagements existants, avec des appels à projets pour soutenir les projets étudiants (87 à ce jour selon la ministre) et la création d'un prix de lutte contre les violences sexuelles et sexistes. La ministre de l'Enseignement supérieur se montre défavorable à l'idée que l'agresseur présumé soit écarté de l'université, renvoyé chez lui, afin d'éviter qu'il ne croise sa ou ses victimes. "Il faut respecter la présomption d'innocence. Une organisation doit se mettre en place", indique Frédérique Vidal.

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