Seine-Saint-Denis : plusieurs accusations d'agressions sexuelles dans une clinique de Drancy

La CGT de Drancy interpelle sur la récente plainte pour agression sexuelle déposée par une aide-soignante, mais aussi sur les deux plaintes pour viol qui datent de 2019 et 2015.

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Radio France
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La clinique du Bois d'Amour de Drancy. ((GOOGLE STREETVIEW))

Une aide-soignante accuse un homme d'agression sexuelle au sein de la clinique du Bois d'Amour à Drancy (Seine-Saint-Denis), rapporte jeudi 3 septembre France Bleu Paris

Les faits se sont déroulés en plein jour, "entre 12 heures et 13 heures", "dans le sous-sol de la clinique", selon la CGT de Drancy qui a lancé l'alerte. D'après le syndicat et le groupe Ramsay Santé, propriétaire de l'établissement, c'est un salarié d'une entreprise prestataire, spécialisée dans la restauration, qui aurait attaqué l'aide-soignante. L'entreprise prestataire a été immédiatement informée par la direction de l'établissement. Le salarié mis en cause a été mis à pied puis licencié.

"Sur les conseils de la direction", explique Ramsay Santé, l'aide soignante a porté plainte. Le parquet de Bobigny confirme qu'une enquête pour "agression sexuelle" a été ouverte et que le mis en cause sera convoqué devant le tribunal le 14 mai 2021.

Pas la première agression sexuelle au sein de la clinique

D'après le syndicat, ce n'est pas la première fois qu'une aide-soignante est agressée au sein de l'établissement. Le 9 avril 2019, l'une d'entre elle a porté plainte pour agression sexuelle contre un infirmer diplômé d'État, alors référent de nuit dans la clinique. D'après le parquet de Bobigny, cet homme a été arrêté le jour même, mis en examen pour viol et placé en détention provisoire. Il a finalement été relâché et “placé sous contrôle judiciaire le 27 décembre 2019” en attendant la fin de l'instruction et un éventuel procès.

Selon la Ramsay Santé, ces deux affaires sont "sans rapport". Dès les faits dénoncés, "la directrice s’est déplacée immédiatement sur l’établissement pour rencontrer la salariée victime et mettre à pied l’agresseur. Elle a entre temps contacté la police qui est intervenu sur site dans l’heure qui a suivi pour interpeller le suspect", précise l'entreprise à franceinfo.

Selon la CGT, cet infirmier avait déjà été visé par une plainte en mai 2015. Une aide-soignante vacataire l'avait également accusé de viol commis dans la clinique.  "Une enquête de police approfondie durant laquelle les protagonistes et des collaborateurs de la clinique avaient été entendus avait finalement conclu à un classement sans suite de la plainte déposée", précise le groupe.

La direction de la clinique "a voulu étouffer l'affaire" selon la CGT

Pour Henri Tamar, représentant de la CGT Drancy, la direction de la clinique "a voulu étouffer l'affaire", "on minimise les faits". D'après lui, plusieurs salariées se plaignent de ne pas avoir été soutenues par la hiérarchie Après la seconde plainte, en avril 2019, il a été mis à pied le jour même des faits et une procédure de licenciement a été engagée "mais dans la mesure où l'infirmier était protégé par son statut de membre du CE, la procédure a pris un peu de temps car il fallait obtenir l'autorisation de l'inspecteur du travail", précise le groupe. Son licenciement a été notifié le 18 juin 2019. 

Ramsay Santé précise par ailleurs  qu'après cette affaire de 2019  une enqueête a été menée auprès des salariés par un cabinet indépendant. "Les conclusions de l’enquêtent mentionnent le fait que les conditions de travail au sein de la clinique ne représentent pas un risque grave pour la santé des personnels. Des recommandations ont été faites pour optimiser tout ce qui peut l’être : la communication, la formation, la gestion des conflits, la gestion des soins".

S'en est suivi un plan d'action mis en oeuvre par la clinique en septembre 2019 "avec un suivi dans le temps. Ce plan est toujours en cours. Certaines formations ont été retardées du fait de la situation épidémique nationale, mais elles sont bien prévues", a précisé le groupe. 

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