Sandra Muller, initiatrice de #balancetonporc, gagne sa bataille devant la cour d'appel

La justice a débouté l'homme qui la poursuivait pour diffamation après des accusations de harcèlement sexuel. La cour n'a pas contesté le caractère diffamatoire des tweets de Sandra Muller, mais a estimé qu'ils avaient été publiés "dans le cadre d'un débat d'intérêt général".

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France Télévisions
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La journaliste Sandra Muller à Paris, le 14 mars 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)

La décision était attendue par de nombreuses associations féministes. La journaliste Sandra Muller, initiatrice du mouvement #balancetonporc, a gagné sa bataille judiciaire, mercredi 31 mars. La cour d'appel de Paris a débouté l'homme qui la poursuivait pour diffamation après des accusations de harcèlement sexuel.

La cour a infirmé "en toutes dispositions" le jugement en première instance du tribunal judiciaire de Paris qui avait, en septembre 2019, condamné la journaliste à payer 15 000 euros de dommages et intérêts à Eric Brion qu'elle avait accusé de harcèlement sexuel.

Un mot-dièse très repris

Le 13 octobre 2017, Sandra Muller avait écrit dans un tweet : "#balancetonporc!! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends." Quatre heures plus tard, elle publiait un autre message sur le réseau social : "'Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit' Eric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc."

Reprenant ce mot-dièse ou celui #Metoo (#MoiAussi), à la suite du scandale Weinstein, des milliers de femmes avaient alors pris la parole pour dénoncer le harcèlement et des agressions sexuelles.

"Même si Eric Brion a pu souffrir d'être le premier homme dénoncé sous le #balancetonporc, le bénéfice de la bonne foi doit être reconnu à Sandra Muller", a estimé la cour. Le tweet incriminé a été "publié dans le cadre d'un débat d'intérêt général sur la libération de la parole des femmes, avec une base factuelle suffisante quant à la teneur des propos attribués à Eric Brion", a également souligné la cour.

Une décision "courageuse et historique"

"Cette décision est pour moi un soulagement et utile à la cause des femmes", a réagi Sandra Muller sur son compte twitter depuis New York où elle réside.

L'avocate de la journaliste, Jade Dousselin, a salué une décision "courageuse et historique". "La cour d'appel dit aux victimes, à toutes celles qui ont parlé, à toutes celles qui ont dit la vérité : celles là, la justice ne les condamnera pas".

L'avocate d'Eric Brion, Marie Burguburu, a fait part quant à elle de sa "déception". La cour n'a pas contesté le caractère diffamatoire des tweets de Sandra Muller, a estimé l'avocate qui a reconnu que son client avait eu des "propos déplacés" à l'encontre de la journaliste. "Il a été courageux de le reconnaître spontanément", a-t-elle ajouté, indiquant que les conseils d'Eric Brion "réfléchissaient" à un pourvoi en cassation.

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