Norman Thavaud accusé de viol et de corruption de mineures : ce que l'on sait de l'enquête qui vise le youtubeur

Une enquête préliminaire a été ouverte en janvier. A ce jour, sept jeunes femmes, dont au moins cinq étaient mineures au moment des faits dénoncés, ont porté plainte.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Norman Thavaud, star hexagonale de YouTube, a été placé en garde à vue le 5 décembre 2022 pour être interrogé sur des accusations de viol et de corruption de mineur. (MAXPPP)

Son nom avait été cité sur les réseaux sociaux dans la foulée du mouvement #MeToo. Le youtubeur français Norman Thavaud a été placé en garde à vue, lundi 5 décembre, dans le cadre d'une enquête préliminaire pour viol et corruption de mineures ouverte en janvier. L'humoriste et comédien de 35 ans a été confronté à quatre plaignantes et sa garde à vue a été levée, mardi en fin de soirée, sans poursuites à ce stade. Le dossier a été transmis au parquet. Jeudi 15 décembre, le youtubeur a été de nouveau convoqué pour être confronté à une plaignante, a appris franceinfo auprès du parquet de Paris. Voici ce que l'on sait de l'affaire.

Sept plaignantes dans l'enquête confiée à la brigade des mineurs

L'enquête, ouverte en janvier et confiée à la brigade de protection des mineurs de la police judiciaire de Paris, concerne à présent sept plaignantes. Une nouvelle plainte a en effet été déposée contre le youtubeur, a appris franceinfo, jeudi 15 décembre. Selon nos informations, au moins cinq d'entre elles étaient mineures au moment des faits. Parmi elles, une ancienne fan québécoise, Maggie Desmarais. Le 8 juillet 2020, sur Instagram, elle avait accusé le comédien de l'avoir manipulée pour obtenir des photos et vidéos à caractère sexuel alors qu'elle avait 16 ans. Elle avait affirmé avoir porté plainte au Canada.

Maggie Desmarais expliquait avoir discuté avec le youtubeur pendant près de neuf mois, en 2017-2018, quand elle avait 16 ans et lui 30 ans. Elle assure avoir reçu des messages d'autres femmes après son témoignage. A partir de la plainte de Maggie Desmarais, les enquêteurs français ont entendu cinq autres jeunes femmes, selon les informations de franceinfo. Elles racontent des échanges de photos sur les réseaux sociaux, puis du chantage et des pressions de la part de Norman Thavaud. Les plaignantes, dont au moins quatre d'entre elles avaient entre 16 et 17 ans à l'époque, affirment avoir subi un rapport sexuel non consenti.

Des témoignages depuis 2018 avec le hashtag #balancetonyoutubeur

En août 2018, dans le sillage du mouvement #Metoo, le youtubeur français numéro 1, Squeezie (17,6 millions d'abonnés) avait dénoncé sur Twitter "les youtubeurs (y compris ceux qui crient sur tous les toits qu'ils sont féministes) qui profitent de la vulnérabilité psychologique de jeunes abonnées pour obtenir des rapports sexuels".

Son tweet avait été largement rediffusé avec le hashtag #balancetonyoutubeur. Le nom de Norman Thavaud avait été évoqué, rappelle Libération. Squeezie avait toutefois assuré par la suite que son tweet ne visait "pas du tout" Norman Thavaud.

Après les accusations de Maggie Desmarais en 2020, d'autres femmes avaient formulé auprès du média franco-québécois Urbania, en avril 2021, des accusations similaires. Le youtubeur n'a jamais commenté les accusations portées contre lui.

Mardi 6 décembre, le vidéaste Le roi des rats a mis en ligne une vidéo sur sa chaîne YouTube. Six jeunes femmes, parmi lesquelles la plaignante québécoise Maggie Desmarais, y accusent Norman Thavaud de pressions et de violences sexuelles. Quatre de ces témoignages sont anonymes. Il est à ce stade impossible d'assurer que ces récits s'ajoutent à ceux des sept plaignantes ou s'il s'agit des mêmes faits.

Le groupe Webedia suspend sa collaboration avec Norman Thavaud, YouTube le sanctionne

Les réactions à l'annonce de cette enquête ont été immédiates. Le groupe Webedia (AlloCiné, PurePeople, 750g, Jeuxvideo.com...), a annoncé sur Twitter "la mise en suspens de sa collaboration" avec Norman Thavaud. En 2015, Webedia avait racheté Mixicom, le réseau de chaînes des youtubeurs Norman Thavaud, Cyprien et Squeezie et la régie publicitaire qui l'accompagnait.

Il est également privé des publicités générant des revenus associées à sa chaîne YouTube. "Nous avons décidé de démonétiser la chaîne de Norman, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de publicités associées à sa chaîne et donc plus de revenus", a annoncé à l'AFP, dimanche 11 décembre, un porte-parole de YouTube, confirmant des informations de presse.

Avec 11,9 millions d'abonnés, Norman Thavaud est le troisième plus important youtubeur français. Porte-drapeau d'une génération d'humoristes nés sur les réseaux sociaux, ce monteur de formation s'est fait connaître au début des années 2010 avec des séquences inspirées de sa vie quotidienne ou des jeux vidéo.

En garde à vue, Norman Thavaud a nié toute contrainte

Norman Thavaud a été entendu pendant 36 heures dans les locaux de la police judiciaire parisienne les 5 et 6 décembre. Il a été confronté à quatre plaignantes. Lors des auditions, il a nié toute contrainte. Sa garde à vue a été levée, sans poursuite à ce stade. Le dossier a été transmis au parquet de Paris, qui devra décider de la suite de l'enquête. Jeudi 15 décembre, il a été de nouveau convoqué pour être confronté à une plaignante, a appris franceinfo auprès du parquet de Paris, confirmant une information de Libération.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Violences sexuelles

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.