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Les violences sexuelles sur mineurs coûtent 10 milliards d'euros par an à la société, selon la Commission indépendante sur l'inceste

Le gros du coût total de ces violences est lié aux conséquences à long terme sur la santé des victimes (prise en charge médicale, conduites à risque...).
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le co-président de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), le juge Edouard Durand. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Mobilisation de la police et de la justice, effets sur la santé tout au long de la vie, conduites à risque des victimes... La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) estime à près de 10 milliards d'euros par an le coût des violences sexuelles sur les mineurs.

"9,7 milliards d'euros, c'est ce que les agresseurs nous coûtent chaque année", selon les comptes de la commission, créée en 2021 par le gouvernement dans la foulée du mouvement #MeToo, dans un avis publié lundi 12 juin. Pour estimer ce montant, la Ciivise s'est appuyée sur le cabinet Psytel, spécialisé dans les études de coûts en santé publique et dans la prévention des violences faites aux mineurs et aux femmes.

Investir dans la prévention

Sur ces 9,7 milliards, trois milliards sont des dépenses engagées en réponse immédiate et ponctuelle : accompagnement des victimes, services de police, de gendarmerie et de justice, prise en charge médicale immédiate. Mais le gros du coût total de ces violences est lié aux conséquences à long terme sur la santé des victimes.

Le cabinet estime à 6,7 milliards chaque année le montant des dépenses induites par le psychotraumatisme et des richesses non créées, dont notamment : 2 milliards pour les troubles mentaux, 1 milliard pour les consultations médicales, 2,6 milliards d'euros de dommages liés à des conduites à risque. La perte de productivité – liée à la sur-représentation des victimes parmi les personnes au chômage ou bénéficiaires des minimas sociaux – est évaluée à 844 millions d'euros.

Pour réduire ce coût collectif, la société doit investir dans la prévention des violences sexuelles (repérage rapide, mise en sécurité de l'enfant...) et les soins spécialisés pour traiter les traumatismes qui empêchent les victimes de vivre normalement, préconise la Ciivise. Dans son avis publié lundi, elle détaille "un parcours de soins spécialisés du psychotraumatisme" pour les enfants et adultes victimes de violences sexuelles dans l'enfance, en 20 à 33 séances, qui seraient "prises en charge par la solidarité nationale".

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